_ Chapitre 13 _




Après que les parents de Sandy se furent rendus dans la salle voisine, un garçon débarrassa la table, et Alberto apporta l'addition. Puis M. Masoletto vint s'assurer que tout s'était bien passé.
Ces distractions donnèrent à Sandy le temps de mettre un peu d'ordre dans ses pensées. Seigneur, quel baiser ! Elle en sentait encore les brûlure sur ses lèvres.
Il n'y avait eu ni attente ni avertissement. Elle s'apprêtait à fuir la pièce, et soudain elle s'était retrouvée dans les bras de Tom. Sous le choc, elle n'avait pas protesté.
Quand Alberto se fut éloigné avec la carte de crédit de Tom, Sandy se pencha vers son compagnon.

_ Ca ne va pas ? Qu'est ce qui vous a pris ?
_ J'ai donné ma carte à Alberto pour payer l'addition, réplique-t-il avec une innocence feinte.
_ Ce n'est pas de cela que je parle, vous le savez parfaitement.

Il haussa les sourcils d'un air surpris. Elle crut déceler dans son regard une note d'amusement qui ne fit qu'attiser sa colère.

_ Vous voulez savoir pourquoi je vous ai embrassée ?
_ Exactement.

Il esquissa un lent sourire ravageur.

_ Votre bouche me fascine depuis le début de la soirée. Je n'ai pas pu résister.

Malgré elle, Sandy fut parcourue d'un frisson de plaisir.
Il posa sa main sur la sienne et la regarda dans les yeux.

_ C'était encore mieux que je ne l'imaginais, déclara-t-il.

La main de Sandy la brûlait. Elle la dégagea vivement.

_ C'est bizarre, remarqua-t-elle avec un regard noir, je suis subitement devenue irrésistible à l'instant où mes parents sont entrés dans le restaurant. Qu'essayez-vous de faire ?
_ N'y voyez qu'un geste impulsif et romantique.
_ C'est ça ! répliqua-t-elle, ironique, en levant les yeux au ciel.
_ C'est la vérité.

Elle lui adressa un regard moqueur en guise de réponse.

_ Je vous assure, insista-t-il avec une sincérité désarmante. Mais il y avait une autre raison, je l'avoue. Je voulais préparer le terrain, ajouta-t-il en posant sa serviette sur la table et en se penchant vers Sandy.
_ Préparer le terrain ?
_ Oui, pour vous épouser, répondit-il avec un sourire engageant. Il me semblait qu'il vous serait plus facile d'accepter si votre famille pensait que nous nous connaissons depuis un moment.

Quelle impudence ! songea-t-elle furieuse.

_ Je ne vous épouserais pas, rétorqua-t-elle. Et je vous en veux d'avoir menti à mes parents de cette façon.

Elle prit son sac. Il la saisit par le bras pour la retenir.

_ Attendez, Sandy. Je suis désolé, déclara-t-il d'un ton chargé de remords. J'espérais qu'ainsi il vous serait plus facile de dire oui.
_ Je vous le répète encore : je ne me marierai pas avec vous.
_ Et moi, j'espère encore que vous changerez d'avis, répondit-il en la regardant avec un intensité qui lui brûla la peau.
_ S'il y a une chose que je déteste, c'est qu'on me manipule.
_ Ce n'étais pas mon intention.

Alberto choisit ce moment pour revenir avec la carte de Tom et le reçu. Tom le signa et le lui rendit avec un généreux pourboire.

_ Je ne voulais pas vous contrarier, assura-t-il.
_ Bien sûr ! Vous vouliez seulement me mettre dans l'embarras devant mes parents, leur mentir sur notre relation et de me laisser dans une situation des plus gênantes.
_ J'ai eu tort, admit-il avec une amabilité suspecte. Nous devrions peut-être aller leur dire la vérité tout de suite. Sauf qu'il serait peut-être un peu difficile de leur expliquer pourquoi vous m'avez rendu mon baiser, conclut-il avec un petit sourire malicieux.

Cet homme était l'être le plus exaspérant, le plus arrogant, le plus manipulateur qu'elle ait jamais rencontré.
Pourtant il avait raison. Elle lui avait bel et bien rendu son baiser. Et elle ne savait pas ce qui la contrariait le plus : qu'il ait deviné qu'elle allait le faire ou qu'elle l'ait fait
Non, le plus alarmant, c'était qu'elle ait répondu à un stratagème délibéré avec autant de passion, révélant ainsi l'attirance qu'il lui inspirait. Maintenant, elle se sentait vulnérable et ridicule.
Ce qui donnait l'avantage à Tom. C'était précisément pour cela qu'elle s'était juré de ne plus jamais avoir de relation avec un séducteur. Elle se leva.

_ Vous êtes prête ? demanda-t-il.
_ Plus que prête, répondit-elle en passant la bandoulière de son sac sur son épaule et en s'éloignant sans se retourner.

Mais alors qu'elle se dirigeait vers la porte, elle entendit Isabelle pousser un cri pitoyable. Elle s'arrêta et fit demi-tour. Tom avait pris la coque et sa fille le regardait, son petit visage crispé et rougi par la détresse.
Sandy soupira. Elle ne pouvait pas abandonner un bébé malheureux, si insupportable que fût le père du bébé en question. Elle revint vers eux.

_ Là...Isabelle, murmura-t-elle doucement. Ne pleure pas, ma chérie. Ca va aller.

Le bébé leva vers elle ses grands yeux humides et affligés.
Sandy craquait complètement pour cette petite fille.
Et pour son père aussi, hélas.
Elle sortit du restaurant avec Tom, en prenant soin de ne s'adresser qu'à Isabelle.

_ Merci pour le dîner, finit-elle par dire à Tom d'un ton guindé, quand ils arrivèrent à sa voiture.
_ Sandy, je suis désolé.

Il semblait sincère, cette fois, mais elle l'ignora et se contenta de dire :

_ Bonne nuit, Isabelle.

Puis elle regagna sa voiture. Il fallait qu'elle s'en allât avant que le bébé se remît à pleurer et fît de nouveau s'écrouler ses défenses.


Michelle leva le nez d'une pile de dossiers d'inscription à des cours lorsque Sandy entra dans le Centre de documentation des parents, le lendemain matin.

_ Il paraît que tu as passé une folle soirée, lui dit-elle avec un sourire entendu.
_ Comment le sais-tu ?
_ Ta mère à déjà appelé deux fois. Elle a dit qu'elle était tombée sur Tom et toi hier soir et que vous vous embrassiez.

Sandy laissa échapper un soupir agacé.

_ Alors, c'est vrai ?
_ Les apparences étaient trompeuses.
_ Ah, bon ? Il te faisait du bouche-à-bouche pour te ranimer ?

Sandy poussa un nouveau soupir et traversa la pièce pour se rendre dans son bureau. Michelle la suivit. Sandy se laissa tomber dans son fauteuil gris.

_ Qu'est ce que ma mère t'a dit d'autre ?
_ Eh bien, elle avait mille questions à poser. Elle voulait savoir depuis combien de temps tu correspondais avec Tom sur le Net, pourquoi tu étais restée si secrète sur le sujet...

Sandy ferma les yeux.

_ Oh, génial ! Que lui as-tu dit ?
_ Rien du tout. Je ne savais même pas que vous vous étiez rencontrés sur Internet.
_ Ce n'est pas le cas. Tom a tout inventé. Il a cru qu'il serait plus facile d'accepter de l'épouser si ma famille pensait que nous nous connaissions depuis un moment.
_ Olalaa ! dit Michelle en ouvrant de grands yeux. Bien, bien, bien. Alors... vous vous êtes embrassés ? demanda-t- en s'asseyant sur le rebord du bureau.
_ C'était une ruse de sa part. Il voulait faire croire à mes parents que nous vivions une histoire romantique et torride.
_ Vu la réaction de ta mère, il a plutôt bien réussi.
_ Il lui a dit que nous communiquions par e-mail depuis des mois, mais que nous venions seulement de nous rencontrer.
_ Et toi, qu'as-tu fait pendant qu'il racontait tout cela à tes parents ?
_ Je suis restée là comme une idiote, sans rien dire, sous le choc.
_ Cela a dû être un sacré baiser, commenta Michelle en haussant les sourcils.
_ Oh, oui ! confirma Sandy tristement.

La porte d'entré du Centre s'ouvrit à la volée. Les deux jeunes femmes se tournèrent en même temps et virent entrer un livreur chargé d'un énorme bouquet de roses.

_ Toi aussi, tu as dû passer une folle soirée, remarqua Sandy.

Michelle lui répondit d'un sourire entendu et alla recueillir le livreur.

_ Je ne crois pas que ce bouquet soit de Brian, dit-elle.

Elle revint dans le bureau quelques instant plus tard, chargée de la composition florale. Le parfum entêtant des roses se répandit dans la pièce quand elle posa le vase sur la table.

_ J'avais raison, déclara Michelle. Elles sont pour toi.

Le c½ur de Sandy se mit à battre follement.

_ Ouvre la carte, lui dit son amie.

Les doigts tremblants, Sandy sortit le bristol de la petite enveloppe.

_ Alors, qu'est ce qui est écrit ?
_ « Je t'en supplie, pardonne à papa, parce que j'ai vraiment besoin de toi. » C'est signé « Isabelle » .
_ Comme c'est mignon !

Oui, c'était adorable. Bien malgré elle, Sandy sentit son c½ur se serrer d'émotion.

_ Il essaie encore de me manipuler, c'est tout, déclara-t-elle.
_ Sois un peu indulgente. Il cherche à se faire pardonner.

La porte s'ouvrit de nouveau et des pleurs de bébé que Sandy reconnut aussitôt emplirent le Centre.

_ Le voilà, dit Michelle. Alors, sois gentille avec lui.

Elle se rendit dans la salle principale pour accueillir Tom et Isabelle. Sandy se leva, nerveuse, redressa le col de son chemisier et s'approcha du classeur à tiroirs pour avoir l'air occupée. Un instant plus tard, Tom passait la tête par la porte entrouverte de son bureau.

_ Bonjour ! lança-t-il par-dessus les cris d'Isabelle.
_ Bonjour, répondit-elle.

Tom posa la coque sur son bureau. Sandy se retourna et se pencha vers Isabelle. Mieux valait fixer son attention sur le bébé que sur son charmeur de père.

_ Bonjour, Isabelle, dit-elle. Merci pour les jolies fleurs.
_ Je t'en prie, répondit Tom d'une petite voix aiguë.

Sandy ne put se retenir de sourire.

_ Ca alors, Isabelle ! Quand as-tu appris à parler ?

La petite s'arrêta de pleurer et fourra son poing dans sa bouche.

_ Quand mon papa est devenu nul, fit Tom de la même drôle de voix. J'espère que sa conduite ne vas pas jouer en ma défaveur.
_ Tu n'es pas responsable du comportement de ton père, assura Sandy en souriant. Tu as déjà pris ton petit-déjeuner ?
_ Euh...juste du café et un bagel, dit Tom, toujours sur le même ton. Non, pardon... ce n'était pas moi.
_ D'accord, d'accord, fit Sandy en levant une main et en riant. Ca suffit.
_ Ouf. Je commençais à avoir peur de me casser un corde vocale.

Il lui sourit. Malgré ses bonnes résolutions, elle se surprit à lui rendre son sourire.

_ Je suis vraiment désolé pour hier soir, reprit-il.

Sandy détourna les yeux, mal à l'aise. Elle ne voulait pas dire que ce n'était pas grave, car ça l'était. Mais comment résister à son regard ?

_ Je regrette de vous avoir contrariée et je regrette de vous avoir mise dans une situation gênante vis-à-vis de vos parents. En revanche, ajouta-t-il en baissant la voix, je ne regrette pas de vous avoir embrassée.

Le c½ur de Sandy battait la chamade.

_ Eh bien, il vaudrait mieux que cela ne se reproduise pas.
_ Ce serait bien dommage, répliqua-t-il d'une voix grave. Vous embrassez drôlement bien, Sandy.
_ Et vous, riposta-t-elle vivement, vous êtes un sacré baratineur. C'était un coup bas.
_ Je suis vraiment désolé.

Il n'en avait pas du tout l'air. En fait, il semblait sur le point de l'embrasser de nouveau.
Sandy reporta son attention sur le bébé.

_ Isabelle a bu son biberon, ce matin ?
_ Je n'ai pu lui faire avaler que quelques gorgées.
_ Allons, ma chérie, il faut que tu mange, si tu veux devenir grande et forte.

Sandy sortit Isabelle de sa coque. La petite eu un moment de recul et protesta, mais pas aussi vigoureusement que la veille. Une fois assise dans son fauteuil de bureau, Sandy l'installa dans ses bras. Tom sortit le biberon du sac à langer et le lui tendit. À peine quelques secondes plus tard, Isabelle avait cessé de se débattre et tétait goulûment.

_ Je n'en reviens pas de la facilité avec laquelle vous arrivez à la faire manger, commenta Tom. Vous êtes sa meilleure chance d'échapper à l'alimentation pas sonde.

Ce n'était pas juste. Il se débrouillait pour lui faire croire qu'elle était indispensable au bien-être d'Isabelle.

_ Ecoutez, dit-il en se massant le menton, j'ai un service à vous demander.
_ Je vous en rends déjà un.
_ Je le sais, et j'apprécie vraiment ce que vous faites. Je ne vous demanderais pas cela si je n'étais pas acculé. Il faut que je me rende à Munich demain, et j'aimerais savoir si vous accepteriez de m'accompagner.
_ Quoi ?
_ Pour vous occuper d'Isabelle. Je n'ai pas envie de la laisser seule dans une chambre d'hôtel avec une baby-sitter après ce qui s'est passé la dernière fois...
_ Non. Pas question. Je ne peux pas m'absenter comme cela. J'ai des rendez-vous, des cours à donner. C'est impossible.
_ Rien est impossible.
_ N'insistez pas. Je ne viendrai pas.

Il soupira et adressa un regard triste à sa fille.

_ J'aurai essayé, ma chérie, dit-il.

Encore un coup bas. Le pire, c'était que cela marchait.

_ Si vous voulez, je peux téléphoner à la directrice du Centre de documentation des parents de Munich pour lui demander les coordonnées d'une infirmière à domicile. Je suis sûre qu'elle vous trouvera quelqu'un de fiable.

Il lui adressa un regard désemparé.

_ C'est vous qu'Isabelle a besoin, répondit-il.

Il savait vraiment frapper là où ça faisait mal, songea-t-elle en réprimant un soupir. Elle caressa les cheveux du bébé qui se raidit pour résister à la tendresse qui l'envahissait.

_ Elle a besoin de quelqu'un à plein temps, lui rappela-t-elle. Où en êtes-vous de votre recherche de nounou ?
_ Ca ne donne pas grand chose, pour le moment. J'ai fait passer deux entretiens téléphoniques hier, mais aucune des deux candidates ne m'a paru très prometteuse.
_ Vous avez pris contact avec d'autres agences de placement ?

Tom eut soudain une idée. Une idée à la fois si retorse et si ingénieuse qu'elle le surprit lui-même. Il ne pouvait quand même pas faire ça, si ? Si. Il pouvait. Aux grands maux les grands remèdes.

_ Oui. D'ailleurs, l'une d'entres elles m'envoie des candidates ce soir pour des entretiens. Vous pourriez peut-être m'aider.

Sandy secoua la tête.

_ Je peux vous donner une liste d'agences et d'organisations, mais je ne peux vous recommander personne en particulier. En tant que directrice du Centre, je refuse de prendre cette responsabilité.
_ Je ne m'adresse pas à la directrice du Centre. Je m'adresse à une amie.

Elle hésita.

_ L'amie d'Isabelle, précisa-t-elle.

Si elle avait su ce qu'il s'apprêtait à faire... Mais il était prêt à parier qu'elle ne serait pas capable de laisser Isabelle aux soins de quelqu'un qu'elle jugeait incompétent.

_ Je vous en prie, insista-t-il. Ce ne sera pas long. Une demi-heure tout au plus.
_ Je ne crois vraiment...
_ Vous savez à quel point il est important que j'embauche la bonne personne, et vous savez quelles qualités il faut rechercher. Pas moi, apparemment. Je vous en supplie, ajouta-t-il comme il la sentait hésiter, faite-le pour Isabelle. Une nouvelle erreur de ma part aurait de terrible conséquences pour elle.

Elle regarda le bébé dans ses bras, et son regard s'adoucit. Il la tenait, songea Tom, satisfait.

_ Nous ne pouvons pas faire cela ici, le prévint-elle. Et puis je ne viendrai pas chez vous.
_ À mon bureau, alors ? suggéra-t-il. Vers 18h30 ?
_ D'accord, dit-elle avec un soupir. Mais ensuite, ce sera fini. Je ne pense pas qu'il soit sage que je m'implique d'avantage dans la vie d'Isabelle.
_ Et dans la mienne ?

Elle piqua un fard. Cependant, elle le regarda droit dans les yeux.

_ Non seulement ce ne serait pas sage, mais ce serait imprudent.

Il rit. Elle avait raison, sans aucun doute. Elle recherchait une union durable, définitive –chose à laquelle il ne croyait pas. En revanche, à en juger par leur baiser de la veille, ils pourraient passer de très bons moments, le temps que ça durerait...





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Pluss de visites mais moins de commentaires, j'suis déçue . . . =(

# Posté le jeudi 20 mars 2008 16:08

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:17

_ Chapitre 14 _




_ Isabelle pleure beaucoup, madame Schultz, annonça Sandy ce soir-là.

Elle était dans le bureau de Tom, assise à la table. Isabelle sommeillait dans sa poussette à côté d'elle.

_ Comment vous y prendriez-vous pour la consoler ? demanda-t-elle.

La femme à l'air sévère croisa les bras sur sa poitrine. Pour Tom, elle ressemblait à un char d'assaut : trapue et large, avec des bras gros comme des canons et une personnalité quelque peu écrasante.

_ Eh pien, che me zervirais d'une tut-tut.
_ Vous voulez dire d'une sucette ?
_ Ja, confirma la femme avec un brusque hochement de tête. Che la lui skotjerais à la pouche.
_ Vous la lui scotcheriez à la bouche ? répéta Sandy, stupéfaite.
_ Ja.

Tom sauta sur ses pieds. Il fallait qu'il fasse sortir cette femme d'ici au plus vite.

_ Merci, madame Schultz. Je pense que nous avons tous les renseignements qu'il nous faut.

Celle-ci cligna des yeux derrière ses grosses lunettes.

_ Z'est tout ?
_ Oui, c'est tout. Merci d'être venue.
_ Vous ne voulez pas gonnaître mes techniques de discipline ?
_ Pas pour l'instant, merci. Isabelle est encore toute petite.
_ Je zais drès bien discipliner les bétits enfants. Blus ils zont bétits, mieux ça marche. Il leur faut une main ferme.

Elle accentua les trois derniers mots d'une claque de la main gauche dans la main droite.
Sandy la regarda, tel un pitbull prêt à attaquer.

_ Je n'arrive pas à croire...

Tom se racla la gorge et s'approcha de la porte.

_ Eh bien, je crois que cela nous suffira.

La femme se leva, se dirigea vers la porte, puis s'arrêta.

_ Guand brendrez-vous fotre décision ?
_ Très bientôt. Nous tiendrons votre agence au courant. Merci encore.

Il referma la porte derrière elle, revint dans le bureau et se laissa tomber dans un fauteuil à côté de Sandy.

_ C'était la dernière. Qu'en pensez-vous ?
_ Que ce sont les pires candidates à un poste de nounou que j'aie jamais vues, répondit Sandy, indignée. Je ne leur confierais même pas un poisson rouge. Alors, un bébé, encore moins.

Tom eut du mal à cacher sa joie.

_ Elles avaient pourtant toutes de l'expérience, dit-il.
_ Peut-être, mais ce ne sont pas de bonnes nounous.

Ce qui n'avait rien d'étonnant puisque, en réalité, c'étaient des actrices qu'il avait recrutées par le biais de l'agence de publicité d'un ami.

_ Il faudrait dénoncer Mme Schultz aux autorités ! s'exclama Sandy. Elle salivait à la perspective de discipliner des enfants. Et son histoire de sucette scotché ! Je n'arrive pas à y croire.
_ En effet, c'était plutôt surprenant.
_ Une femme comme elle ne devrait pas avoir le droit de s'approcher d'un enfant.
_ Je ne l'ai pas retenue, rassurez-vous. Qu'avez-vous pensé de la première candidate ?
_ La petit brune avec les cheveux longs et le chewing-gum ? Oh, je vous en prie ! fit-elle en levant ses yeux au ciel.
_ Elle ne vous a pas plu ? demanda-t-il en s'efforçant de conserver une expression neutre.
_ Elle a répondu quatre fois au téléphone en un quart d'heure d'entretien. Son prochain rendez-vous chez la manucure l'intéressait plus qu'Isabelle.
_ Et la deuxième candidate ? Elle avait un genre de grand-mère qui conviendrait bien à Isabelle, non ?
_ Un genre de grand-mère ? répéta-t-elle. Arrière-arrière-grand-mère, plutôt.

Tom eut le plus grand mal à ne pas rire.

_ Comment une femme qui a besoin d'un déambulateur et d'une bouteille d'oxygène fera-t-elle pour courir après Isabelle lorsqu'elle marchera ? En plus, il vous faut quelqu'un qui restera auprès d'Isabelle au moins deux ans. Cette femme n'a peut-être pas une espérance de vie aussi longue.

Tout se passait au mieux, songea Tom.

_ Mlle Crenshaw semble en parfait santé, au moins, remarqua-t-il.
_ Vous avez perdu la tête ou quoi ?
_ En plus, elle s'intéresse à la diététique.
_ C'est une obsédée de la diététique, oui ! Ses précédents employeurs l'ont renvoyée parce qu'elle avait mis de l'ail et du jus de luzerne dans le biberon du bébé !
_ D'accord, mais elle le leur a avoué quand ils se sont inquiétés de la mauvaise haleine de leur enfant.
_ Vous n'envisagez pas sérieusement de l'engager, Tom.
_ Dans ce cas, il reste Mlle Smith. Elle à l'air très gentille.
_ Je ne me fais pas à son tatouage dans le cou, répondit Sandy en secouant la tête.
_ Beaucoup de gens ont des tatouages, observa-t-il.
_ Oui, mais ils ne disent pas tous : « Satan règne. »

Tom eut du mal à paraître choqué.

_ C'est ce qui était écrit ? demanda-t-il, feignant l'ignorance.
_ Oui.
_ Aïe ! Je commence à croire qu'il est impossible de trouver quelqu'un qui puisse donner à Isabelle l'affection et les soins dont elle a besoin.
_ Il doit tout de même exister de meilleures candidates que ces femmes.
_ Pas tellement. C'est la troisième agence que je contacte.
_ Quel est son nom ? Elle devrait être fermée.

Il aurait dû se douter que Sandy voudrait prendre des mesures de ce genre.

_ Je ne me rappelle pas de son nom, mentit-il. Ce dont je me souviens, c'est qu'elle a son siège social en dehors de l'Etat.
_ Mais toutes ces femmes étaient d'ici, objecta-t-elle, les sourcils froncés.
_ C'est une agence nationale spécialisée dans le placement de nounous qui habitent près de chez leurs clients, improvisa-t-il.

Il fallait qu'il se dépêche de changer de sujet avant qu'elle ne pose trop de question.

_ À propos, où habitez-vous ? lui demanda-t-il.
_ Pas très loin du Centre de documentation des parents, mais je dois déménager. Le propriétaire vient de vendre l'immeuble. Et vous ?
_ J'ai une maison dans le centre.

Elle le regarda avec curiosité.

_ L'une des maisons anciennes ?
_ Oui. Elle date de 1870.
_ Je vous aurais plutôt imaginé dans un appartement moderne donnant sur le fleuve.
_ À vrai dire, j'ai un faible pour les choses anciennes.
_ Je m'en rends compte.

Elle regarda autour d'elle. Le bureau de Tom était garni de meubles anglais anciens et d'un tapis persan. Elle se leva et s'approcha d'un guéridon sur lequel était posé une collection de boussoles.

_ Vous êtes originaire de Berlin ?
_ Non. J'ai vécu à Leipzig et Hamburg.
_ Vous m'aviez parlé du divorce de vos parents. Quel age aviez-vous ?
_ Six ans.
_ Cela n'a pas dû être facile, remarqua-t-elle.
_ Non, en effet.
_ Que s'est-il passé ?
_ Il y a deux version. Ma mère dit que mon père avait une aventure avec sa secrétaire et mon père que maman est partie parce que son entreprise avait fait faillite et qu'il n'avait plus d'argent. Ce que je sais, c'est que tout mon monde s'est effondré.

Il la rejoignit et contempla le soleil se coucher par la fenêtre.

_ Je me souviens aussi que je croyais que c'était de ma faute, que j'aurais dû les empêcher de se séparer.
_ Les enfants réagissent souvent ainsi.
_ Je ne veux pas qu' Isabelle connaisse ça. Je me dis que ce qu'elle n'a jamais connu ne pourra pas lui manquer.
_ Sauf qu'elle pourra avoir envie de ce qu'elle n'a jamais connu, dit-elle d'une vois douce.

Tom haussa les épaules.

_ Au moins, elle ne sera pas soumise à un aussi gros traumatisme que moi.
_ Peut-être changerez-vous d'avis quand vous rencontrerez la femme de votre vie.
_ Je ne crois pas qu'elle existe.

Sandy trouva ces paroles d'une tristesse infinie.

_ Vous pensez cela pour l'instant, dit-elle. Que se passera-t-il si vous rencontrez quelqu'un dont vous tombez amoureux et avec qui vous avez envie de fonder une famille autour d'Isabelle.
_ Cela n'arrivera pas.
_ Peut-être que si. Les gens changent.
_ Non. Pas en ce qui concerne l'essentiel. Les gens sont ce qu'ils sont.
_ Quel cynisme !
_ Je ne suis pas cynique, mais honnête, répliqua-t-il. Si vous vous mariiez avec moi et adoptiez Isabelle, vous seriez sa mère, aussi bien sur le plan légal qu'affectif. Nous établirions un contrat. Mieux, vous aurez ma parole. J'ai vécu un divorce difficile et je ne ferais jamais subir cela à Isabelle. Je ne bouleverserais pas sa vie et je n'essaierais jamais de vous enlever son affection.

Il était impossible, en le regardant dans les yeux, de ne pas le croire.

_ Et si, dans un an ou deux, je tombe amoureuse et j'ai envie de me marier avec quelqu'un d'autre ? demanda-t-elle.

Elle réalisa trop tard qu'elle venait d'évoquer la possibilité d'accepter son plan. Et au sourire de Tom, elle comprit qu'il s'en était parfaitement rendu compte.

_ Si vous ne quittez pas Berlin, cela ne posera pas de problème. Les remariages de mes parents ne m'ont pas tellement affecté. Ce qui comptait, c'étaient leurs relations entre eux et avec moi. Alors, demanda-t-il en la dévisageant, vous y réfléchissez ?
_ N... non. Je...

Que faisait-elle au juste ?

_ Je cherche des raisons pour lesquelles cela ne peut pas marcher.
_ Parlons plutôt des raisons pour lesquelles cela peut marcher, suggéra-t-il. Premièrement : vous savez de quoi Isabelle a besoin et comment le lui offrir. Deuxièmement : elle vous accepte. Troisièmement : vous voulez un enfant. Vous avez dit vous-même avoir envie d'être mère. Isabelle pourrait vous faire réaliser ce rêve. Sauf si... fit-il après une hésitation.
_ Sauf si quoi ?
_ Sauf si vous ne voulez pas adopter Isabelle parce qu'elle est trop difficile.

Sandy faillit s'étrangler.

_ Comment pouvez-vous imaginer une chose pareille ? s'exclama-t-elle.

Il haussa les épaules.

_ Je suis objectif, c'est tout. Ce n'est pas une enfant facile. Toutes les nounous qu'elle a eues ont démissionné parce qu'elle était trop désagréable. Pire, ajouta-t-il en s'assombrissant, avec ce qu'elle a vécu, il est possible qu'elle ait des problèmes toute sa vie.
_ Ne doutez pas une seule seconde qu' Isabelle soit digne d'amour, déclara-t-elle farouchement. Vous, vous ne la trouvez pas difficile à aimer, n'est-ce pas ?
_ Ma foi, je ne sais pas trop ce que je ressens, répondit-il d'un ton sombre. Tout ce que je sais, c'est que je ne dors plus et que je suis épuisé.

Sa silhouette se découpait sur le ciel sombre. Il semblai très seul.

_ Je veux lui donner tout ce dont elle a besoin, dit-il en se tournant vers elle. Or c'est de vous, qu'elle a le plus besoin.

Le c½ur de Sandy s'emballa. Comment s'était-elle mise dans cette situation ? Trois jours plutôt, elle ignorait l'existence d'Isabelle et celle de Tom.

_ Tom...
_ Vous savez qu'elle a besoin de vous.

Ces mots l'émurent profondément.

_ Peut-être, mais je ne veux pas d'un mariage bidon, moi, répliqua-t-elle d'une voix très basse.
_ Hé ! Mais il n'a pas à être totalement bidon.

Le regard que Tom posa sur elle fit courir plus vite le sang de Sandy dans ses veines. Il s'approcha d'elle et la prit par les bras.

_ Il existe une indéniable alchimie entre nous, Sandy. Ce baiser, hier soir... c'était incroyable.

De son point de vue à elle, en tout cas, ça l'avait été. Un frisson brûlant lui parcourut le dos quand il remonta les mains le long de ses bras.

_ Si nous nous marions, rien ne nous empêche d'en profiter. Le mariage offre des compensations, dit-il avec un petit sous-entendu.
_ Ce ne serait pas un vrai mariage, rétorqua-t-elle. Un vrai mariage est permanent.
_ La moitié des mariages ne durent pas jusqu'à la première grippe de l'en des époux –et moins encore jusqu'à ce que la mort les sépare.
_ Peut-être, mais les gens qui se marient vraiment n'organisent pas leur divorce avant de s'occuper de leur mariage. Lorsqu'ils prononcent les serments du mariage, ils espèrent les tenir.
_ Ils se font des illusions, c'est tout.

Sandy avait du mal à réfléchir quand il la touchait. Elle se dégagea.

_ Vous aussi, vous vous faites des illusions si vous pensez que je vais accepter.
_ Sandy, si vous vouliez bien arrêter d'être aussi têtue, vous verriez que c'est aussi dans votre intérêt. Vous avez dit que vous désiriez un enfant et, pour autant que je sache, c'est peut-être votre meilleure chance d'en avoir un.
_ Pourquoi dites-vous cela ? demanda-t-elle en se raidissant.
_ Mais... parce que vous avez envie d'un enfant et que vous n'en avez pas. Et vous ne sortez avec personne, alors...
_ Alors, manifestement, je n'ai pas ce qu'il faut pour attiser un homme ?
_ Quoi ? s'exclama-t-il, sidéré. Je n'ai jamais dit cela.
_ Vous n'en avez pas eu besoin.
_ Ecoutez, vous m'avez mal compris. Je vous trouve extrêmement attirante. Bon sang, ce baiser, hier soir, ne vous a rien fait comprendre ?
_ Si. Il m'a fait comprendre que vous étiez un manipulateur.

Sur ce, elle prit son sac et se dirigea vers la porte.

_ Sandy, si vous vouliez bien être un peu raisonnable...
_ Ne me parlez pas d'être raisonnable. Trouvez-vous que votre proposition ait quoi que ce soit de raisonnable ?
_ Sandy...
_ J'ai tenu ma parole Tom. Je vous ai dit que je vous aiderais à vous occuper d'Isabelle provisoirement et je l'ai fait. Je vous ai dit que j'allais vous aider à sélectionner une nounou et je l'ai fait. Je vous ai dit que je vous trouverais une infirmière à domicile à Munich et je l'ai fait. Alors, pourquoi ne me croyez-vous pas quand je vous dis que je ne vous épouserais pas ?

Elle ouvrit la porte. Isabelle aspira une longue goulée d'air et poussa un hurlement. Sandy se figea, la main sur la poignée et se retourna vers le bébé.

_ Voilà, pourquoi, dit-il simplement.

Un instant, il eut l'impression de voir des larmes briller dans ses yeux. Puis elle se redressa, sortit et referma la porte.






__________





Bonjour, bonsoir. Petite nouvelle, plus ou moins bonne ? Ou mauvaise ? Imaginez que ce chapitre, Soit le dernier... Serait-ce un fin correct ? Ou, Nul, à votre avis ? J'aime beaucoup cette histoire, et je m'y suis beaucoup attachée. D'abord aux personnages, & à vous aussi. La raison de cette petite pause ou fin, A cause de mes études, Vraisemblablement...
Rien qu'en pensant au nombre de visite que j'ai eue. Impressionnant. J'espère que Le but que je m'étais fixé, de vous faire voyager dans mon monde à marcher
.

Je vous aime & merci encore pour tout . . . =`D


[ Qui trouvera le Stut ? x) humour bidon quand tu nous tient u_u ]

Bon anniv` Georg en tetard x]



Edit : J`me sens trop mal =X J`viens de lire vos commentaires tous gentils autant que les autres, [ j`eiime ça xP ] Mais, j`vois que j`ai été vraiment bidon sur ce coup là . . . =_= Personne n`a compris à part Patate [ xD ] . . . Mais si vous regarder bien bah j'ai écris en grosse lettre le mot que vous deviez normalement trouvez . C'est à dire : Poisson d'avril . >.< . Bref`, ne vous inquiêtez, je ne pourrais jamais finir cette fiction comme ça. Et comme fanfictokioh me l'a dit dans un commentaire, même si je devais faire une pause parce que la fiction me prend beaucoup de temps, bah je ne pourrais pas là finir comme ça . Merci encore une fois pour tout, & Excusez-moi, pour mon humour bidon . Mais c'est à cause d'une Patate ! (H)
Pour répondre aussi à o0-fic-w-e-n-th-0o, je ne serais pas là pendant deux smaines, parce que je pars au USA . =]

# Posté le mardi 01 avril 2008 06:45

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:16

_ Chapitre 15 _




La sonnerie insistante du téléphone tira Sandy d'un profond sommeil. Elle ouvrit les yeux et regarda les chiffres phosphorescents du réveil digital posé sur la table de nuit. Il était 3h37. Prise d'inquiétude, elle s'assit dans son lit et décrocha. Les appels en pleine nuit apportaient rarement de bonnes nouvelles.

_ Allô ?

Les gémissements plaintifs d'un bébé résonnèrent dans le combiné.

_ Sandy, je suis vraiment désolé de vous déranger à cette heure-ci. Je crois qu'Isabelle est malade, dit Tom d'une voix tendue et inquiète. J'ai laissé un message au pédiatre, mais cela fait une heure et il ne m'a pas encore rappelé, et...
_ Qu'est ce qui ne va pas ? demanda-t-elle.
_ Eh bien, elle s'est réveillé en pleurant il y a deux heures, ce qui n'est pas inhabituel, mais je trouve qu'elle est chaude et qu'elle a un comportement bizarre.
_ Bizarre comment ?
_ Elle est plutôt molle.
_ Avez-vous prit sa température ?
_ Non. Je n'ai pas de thermomètre.
_ Avez-bous du paracétamol pour nourrisson ?
_ Non.

Elle aurait sans doute dû lui conseiller d'attendre que le médecin le rappelle. C'était ce qu'il y avait de plus intelligent à faire. Après tout, ce n'était pas son problème, et il valait mieux pour elle qu'elle cesse de se mêler de la vie d' Isabelle. En quittant le bureau de Tom ce soir-là, elle avait décidé de ne plus avoir de contact avec lui, ni avec son enfant. Elle s'attachait bien trop à Isabelle – et Tom l'attirait bien trop.
Mais c'était compter sans les pleurs du bébé qui lui parvenaient dans le téléphone.

Elle avait un thermomètre auriculaire et du paracétamol liquide pour enfant, qu'elle avait achetés un jour où elle avait gardé les jumeaux de son frère. Elle soupira.

_ Donnez-moi votre adresse, dit-elle. J'arrive.

Tom avait dû guetter son arrivée derrière la porte car, dès qu'elle se gara devant l'imposante maison blanche, vingt minutes plus tard, il apparut sous le porche éclairé, Isabelle dans les bras. Il descendit les marches pour venir à sa rencontre. Le bébé poussait des gémissements.

_ Mon Dieu, que je suis heureux de vous voir !

Une espèce de courant électrique la parcourut quand elle l'aperçut. Elle ne l'avait jamais vu qu'en costume et cravate alors que, maintenant, il portait un jean et un tee-shirt près du corps. Ses avant-bras étaient bronzés et ses biceps saillaient tandis qu'il tenait Isabelle contre son torse muscle.

Sandy tendit les bras vers la petite, qui avait l'air d'une pauvre poupée de chiffon. Isabelle protesta à peine lorsqu'elle la prit. Elle était brûlante.

_ C'était sûr, elle a de la fièvre, déclara-t-elle. Le pédiatre a-t-il fini par vous rappeler ?

Tom hocha la tête.

_ Il m'a dit de prendre sa température, de lui donner une cuillerée de paracétamol et de l'amener à son cabinet à la première heure demain matin. Si elle a 40°C, il faudra lui donner un bain tiède.
_ À quelle heure le cabinet ouvre-t-il ?
_ Dans exactement trois heures, cinquante-deux minutes et trente-deux secondes, répondit-il en consultant sa montre.

Sandy sourit.

_ Allez, viens, ma chérie, dit-elle à Isabelle. On va prendre ta température.

Tom lui tint la porte tandis qu'elle entrait avec le bébé dans l'élégant vestibule éclairé par un énorme lustre.

_ Sa chambre est en haut, à gauche, annonça-t-il.

Elle le suivit dans le grand escalier et dans le couloir, jusqu'à sa nursery. Elle s'arrêta sur le pas de la porte, stupéfaite.

_ Ô mon Dieu !
_ Ce sont les affaires qu'Ella avait achetées. Son avocat les a fait envoyer ici.

On aurait dit un royaume de fées. La pièce était tendue de soie blanche, de mètres et de mètres de fin tissu élégamment drapé autour de la grande fenêtre et en baldaquin au-dessus du berceau laqué blanc.

La table à langer, elle aussi blanche, était ornée d'un long volant de la même soie. Une immense maison de poupée assortie – un château de poupée, plutôt – était posée dans un coin de la pièce.

_ Je trouve cela un peu exagéré, dit Tom, mais je ne m'y connais absolument pas en puériculture, et acheter encore des affaires de bébé n'avait pas de sens...
_ C'est ravissant, commenta Sandy en passant le doigt sur le tissu. Dangereux pour un bébé, mais ravissant.
_ Je n'ai même pas pensé à cela. J'ai demandé aux déménageurs de tout installer comme chez Ella. Cela ne m'étonne pas qu'elle se soit plus préoccupée de décoration que de sécurité.
_ Il faut seulement remonter le tissu hors de portée d' Isabelle. Ce ne doit pas être difficile à faire. Vous êtes prêt à prendre sa température ? lui demanda-t-elle.
_ Moi ? fit-il d'un air inquiet. Oh, non ! Il vaut mieux que vous le fassiez. Je vais attendre dans le couloir.
_ Dans le couloir ? répéta-t-elle en fronçant les sourcils.
_ Oui.
_ Il faut au moins que vous regardiez pour apprendre.
_ Non. Non, merci.
_ Vous êtes le père d' Isabelle, déclara-t-elle d'un ton sévère. Vous devez apprendre le minimum de gestes simples pour vous occuper d'elle. Prendre la température d'un enfant fait vraiment partie des bases.

Tom se balançait d'un pied sur l'autre en fuyant son regard.

_ Cela me met mal à l'aise.

Quel était le problème ? Elle allait le lui demander quand elle comprit : tout génie des affaires qu'il était, Tom ignorait manifestement les progrès technologiques des thermomètres.

Elle réprima un sourire. Elle n'allait pas le rassurer tout de suite.

_ Vous êtes capable de la faire, assura-t-elle. Je vais vous aider. De toute façon, il vaut mieux être deux. Prenez Isabelle et allez vous asseoir dans le fauteuil.

Il obtempéra à contrec½ur tandis que le bébé pleurait de plus belle.

_ Hum... vraiment, je ne ...

Sandy posa son sac, l'ouvrit et en sortit un étui en plastique.
Les yeux de Tom s'agrandirent de frayeur.

_ Franchement, Sandy je ...

Elle ouvrit l'étui.

_ Mais... mais il est énorme, non ? s'inquiéta-t-il.

Elle sentit ses lèvres trembler tandis qu'elle se retenait d'éclater de rire.

_ Il est d'une taille tout à fait normal, affirma-t-elle.
_ C'est un tout petit bébé, quand même.

Sandy, qui avait de plus en plus de mal à conserver son sérieux, sortit un boîte de petits capuchons en plastique et en posa un au bout de l'instrument.

_ Tenez-la bien. Il ne faut pas qu'elle bouge pendant que j'insère le thermomètre.
_ Je... je ne crois pas...
_ Vous allez m'aider, oui ou non ? demanda-t-elle en le regardant sévèrement.

Il hocha la tête, visiblement réticent, le regard pleins d'appréhension.

_ D'accord, fit-il. Faut-il... faut-il que je lui enlève la couche ?

Sandy éclata de rire.

_ Qu'y a-t-il de si drôle ? grommela-t-il.
_ Vous.
_ Je ne vois rien d'amusant dans cette situation.
_ Si. Parce que le thermomètre va dans son oreille.
_ Son oreille ?

Le mélange de stupéfaction et de soulagement qui se peignit sur son visage fit redoubler l'hilarité de Sandy.

_ C'est vrai ?

Entre deux hoquets, elle parvint à hocher la tête.

_ Ouf. Je pensais...
_ Je sais ce que vous pensiez, assura-t-elle en souriant. Maintenant, tenez-la bien.

Elle se pencha vers Tom et introduisit le bout du thermomètre dans l'oreille d' Isabelle, qui poussa un hurlement déchirant.

_ Pauvre chérie, murmura-t-elle d'un ton apaisant en appuyant sur le bouton, avant de retirer l'appareil. Vu le cri qu'elle vient de pousser, je parie qu'elle a une otite.
_ Vous avez sa température ?
_ 39,5 °C, lut-elle. Il faut lui donner du paracétamol.

Elle posa le thermomètre, prit le flacon de médicament et mesura soigneusement la dose dans le compte-gouttes, qu'elles glissa dans la bouche du bébé. Isabelle fut si surprise qu'elle s'interrompit au milieu d'un hurlement et avala tout.

_ Vous savez vous y prendre, commenta Tom, admiratif. Si c'était moi qui avais essayé, elle se serait étranglée.
_ Vous auriez réussi, assura-t-elle. Ce n'est pas si difficile que cela.
_ Tout ce qu'il faut faire pour s'occuper d'elle est difficile, pour moi. Je n'arrive même pas à la faire manger.
_ À quand remonte son dernier biberon ?
_ Je le lui ai donné vers 20 heures. Mais elle n'a presque rien avalé.
_ Voyons si nous pouvons la convaincre de boire un peu.

Tom lui donna le bébé et descendit à la cuisine préparer un biberon. Sandy se rendit dans le salon, où elle s'installa sur le canapé. Avec ses somptueux kilims, ses meubles et objets anciens, la pièce respirait le luxe. Le ravissant arrangement de lanternes de cuivres sur un guéridon et la composition florale sur un autre trahissait le travail d'un décorateur professionnel.

Tom se laissa tomber lourdement à côté d'elle et lui passa le biberon. Il fronçait les sourcils.

_ Pauvre Isabelle, fit-il. Si petite et fragile, et maintenant malade.
_ Je pense que ce n'est qu'une otite. Elle se remettra vite quand elle aura vu le pédiatre. Mais ne sera pas en état de prendre l'avion demain.

Elle glissa la tétine entre les lèvres du bébé, qui les referma aussitôt dessus.

_ Vous pouvez reporter votre réunion ?

Tom secoua la tête.

_ Je l'ai déjà fait une fois. De toute façon, il est trop tard. Trente actionnaires viennent exprès à Munich , et la plupart sont déjà arrivés.
_ Que se passera-t-il si vous ne vous y rendrez pas ?

Un muscle tressauta dans la joue de Tom.

_ Eh bien, la société pourrait me faire un procès pour rupture de contrat, puisque le conseil d'administration m'a engagé pour préparer le plan que je dois présenter demain. Ma réputation serait fichue, ce qui signifie que plus personne ne voudrait m'embaucher et je n'aurais plus de quoi nous faire vivre, Isabelle et moi.
_ Vous m'avez dit qu' Ella lui avait laissé beaucoup d'argent ...
_ Ai-je l'air d'être du genre à vivre aux crochets de ma fille ? répliqua-t-il avec un regard noir.
_ Vous ne pouvez pas vous faire représenter par quelqu'un ?
_ Non.

Il poussa un profond soupir.

_ C'est l'inconvénient de ne pas avoir d'associé, ajouta-t-il. Je ne peux pas me faire remplacer.

C'était aussi l'inconvénient d'être père célibataire.

_ Combien de temps devez-vous vous absenter ?

Il se leva et se mit à faire les cent pas devant la cheminée.

_ Je serai de retour vendredi soir.

La question qu'elle posait toujours aux parents qui se trouvaient devant un choix difficile s'imposa à son esprit. Quelle était la meilleure solution pour l'enfant à long terme ?

Dans le cas d' Isabelle, la réponse était évidente. Sandy inspira à fond.

_ Il vaut mieux pour Isabelle que vous y alliez, déclara-t-elle. Je la garderai pendant votre absence.

Tom se tourna vers elle. Il semblait si soulagé qu'elle ne put s'empêcher de sourire.

_ Vraiment ? C'est fantastique. Merci, Sandy. Merci mille fois. Je vous en suis infiniment reconnaissant.

Elle se délecta de son sourire, heureuse et fière d'en être la cause. Mais, très vite, elle se ressaisit. Elle n'avait pas a éprouver des sentiments pour lui, se rappela-t-elle sévèrement.

_ Je vais vous rendre ce service, mais à une condition, reprit-elle. Ensuite, je ne pourrai plus m'occuper d' Isabelle. Je ne veux pas aggraver son problème d'attachement, et si elle continue à passer autant de temps avec moi...
_ Je comprends, assura-t-il en hochant la tête.

Etait-ce vrai ?







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Me revoilà de retour ! =) J`espère que je ne vous ai pas trop manquée ! =P Quand j`étais aux Etats-Unis, je pensais beaucoup à vous, & je me suis dis qu`à chaque fin de chapitre, j`vais vous poser une question [ sans trop être indiscrète ] pour mieux vous connaître, =).

- Comment avez-vous connus les Tokio Hotel ? =D


Petite review de mes vacances => X




J`aimerai juste ajouter, [ même si il y est sur mon sky' ] que à un moment, j`étais dans un centre commercial, & j`étais dans un magasin avec une amie, je regardais les t-shirts . . . Puis d'un coup j`entends : "We were running trought the town " . Je commence à courrir dans le magasin pour trouver mon frère, qui lui aussi me cherchais, & je lui fais : " T'entends ? =D" . Puis, d`un coup, j`entends : " Boum Boum Boum Boum . . . " . J`étais extrêmement dégoutée . . . La chanson : Ready Set Go, en version Techno --'
Bref, on va dire que j`étais contente un peu d`entendre sa voix, mais bon, version techno . . . =_=

# Posté le vendredi 02 mai 2008 15:07

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:15

_ Chapitre 16 _




Sandy regarda par le judas de la porte d'entrée et découvrit sa mère qui se tenait sous le porche. Il était un peu plus de 21 heures. Elle soupira et lui ouvrit.

_ Maman, dit-elle. Qu'est-ce que tu fais là ?

Marie tenait deux assiettes couvertes de papier aluminium d'où s'échappait un délicieux arôme.

_ Je t'ai apporté des restes du cocktail. J'avais peur que tu sois si occupée avec le bébé que tu en oublies de te nourrir. Ooh ! s'exclama-t-elle en regardant autour d'elle. Quel bel endroit !
_ Comment as-tu su où me trouver ?
_ Cela n'a pas été très difficile : Tom est dans l'annuaire. Oh, Sandy ! fit-elle en entrant et en regardant autour d'elle. Quelle incroyable maison !

Sandy en convint. Après qu' Isabelle avait fini par s'endormir la nuit où il l'avait appelée, Tom lui avait fait visiter les lieux, et elle avait ouvert des yeux aussi grands que ceux de sa mère en ce moment.

Marie jeta un coup d'½il dans la salle à manger aux tons rouge sombre et admira la grande table acajou, les chaises anciennes, le lustre imposant et les ravissants bibelots.

_ On ne dirait vraiment pas une garçonnière de célibataire.
_ Non, reconnut Sandy.
_ Il a hérité de cette maison ?
_ Pas que je sache.

Sa mère lui adressa un regard perplexe.

_ Je suis sûre qu'il me l'aurait dit si c'était le cas, ajouta vivement Sandy.

C'était agaçant de faire croire qu'elle connaissait Tom depuis plusieurs mois. Elle n'aimait pas jouer la comédie, mais comment expliquer qu'il avait menti et qu'elle ne l'avait pas contredit et qu'elle ne comprenait pas pourquoi ?

Finalement, il était plus facile de continuer la comédie.

_ Il a fait faire beaucoup de travaux, apprit-elle à sa mère. Il m'a dit qu'il n'avait pas modifié l'extérieur, mais que l'intérieur était en mauvais état et qu'il l'avait pas mal transformé.
_ Il a dû recourir à une armée de décorateur, observa Marie.

Rien qu'une, rectifia Sandy in petto, et qui lui courait après.
La veille, vers 20 heures, on avait sonné à la porte. En ouvrant, Sandy avait découvert une grande brune superbe, vêtue d'un débardeur échancré et d'un jean moulant. Elle tenait une composition florale.

_ Bonsoir, avait dit la brune avec un sourire condescendant. Vous êtes la gouvernante de Tom ?

Sandy avait soudain eu honte de son grand tee-shirt et de son pantalon de survêtement. Son vieux sentiment d'infériorité, celui qui datait de l'époque où elle était grosse, l'avait de nouveau envahie, mais elle avait relevé la tête et répondu :

_ Non, je suis une amie. Je garde son bébé.
_ Son bébé ? avait répété la brune en fronçant les sourcils. Tom n'a pas de bébé.
_ Oh, si !
_ Depuis quand ?
_ Eh bien, l'enfant a six mois.

La brune n'avait qu'à faire le calcul.

_ Qui est la mère ?
_ Je pense que c'est plutôt à Tom de vous donner ce genre d'information.

La jeune femme lui avait adressé un sourire forcé qui ne paraissait pas très sincère.

_ Bien sûr, avait-elle dit. Il est là ?
_ Non. Il s'est absenté quelques jours. Puis-je lui transmettre un message ?
_ Je suis une amie à Tom. J'ai décoré cette maison et j'apportais une composition florale de printemps pour la table basse.
_ Je la lui donnerais, avait promit Sandy en tendant la main pour prendre les fleurs séchées.

La brune les lui avait données à contrec½ur.

_ Dites-lui de m'appeler, voulez-vous ?
_ Et vous êtes ? avait demandé Sandy.
_ Charlotte, avait-elle déclaré avec un grand sourire. Il a mon numéro.

Sandy avait été submergée par une vague de jalousie.
La voix de sa mère la tira de ses pensées.

_ Il t'a dit qui s'était occupé de la décoration ? demandait-elle.
_ Une certaine Charlotte.
_ Eh bien, elle a beaucoup de goût. Je devrais peut-être l'engager pour m'aider. Alors, ajouta-t-elle en s'arrachant à la contemplation de la pièce, comment va la petite ?
_ Mieux. Elle dort, pour l'instant.
_ Bonne nouvelle, fit Marie en souriant. Et le père ?
_ Il est très occupé. Il rentre de Munich vendredi soir.
_ On dirait que vous êtes devenus très proches.

Sandy baissa les yeux. Après un instant d'hésitation, elle estima que le mieux était de garder le silence. Il ne fallut pas longtemps à sa mère pour reprendre la parole.

_ Evidemment, quand l'alchimie est là, on peut avoir l'impression de connaître depuis toujours quelqu'un que l'on vient de rencontrer. C'est ce qui s'est passé entre ton père et moi.

Sandy sauta sur l'occasion pour changer de sujet.

_ Au fait, comment va papa ?

Un nuage passa sur le visage de sa mère.

_ Bien, je crois.
_ Tu crois ? répéta-t-elle avec une pointe d'inquiétude.
_ Je ne l'ai pour ainsi dire pas vu de toute la journée. Il était d'une humeur de chien ce matin. Ensuite, il est sorti, et moi, j'ai été très occupée... Bon, reprit-elle avec un sourire qui sembla trop joyeux à Sandy, je ferais bien d'emporter ces assiettes dans la cuisine. C'est par là ?

Sans attendre de réponse, elle se dirigea vers la porte battante de la salle à manger.

_ Oh, Sandy ! s'exclama-t-elle. C'est fabuleux !

Sandy approuva d'un hochement de tête. La cuisine était spacieuse, avec un sol en brique, des plans de travail en granit et de hauts placards en chêne. Dans le coin petit déjeuner, un lustre en fer forgé était fixé au-dessus d'une table en chêne.

_ Oh ! poursuivit sa mère. Une table de cuisson en inox... et deux fours !

Aux yeux de Marie, cela faisait de Tom la perfection absolue.

_ Tom fait la cuisine ? s'enquit-elle.
_ Non, répondit Sandy, que cela fit presque rire.
_ Eh bien, tu pourras lui préparer de merveilleux repas, dans cette cuisine, déclara sa mère avec un sourire complice, en posant les assiettes sur un plan de travail. Tu sais ce qu'on dit : pour gagner le c½ur d'un homme...
_ Qui te dit que j'en ai envie ?
_ Mais pourquoi ne le voudrais-tu pas ? s'étonna Marie.
_ Oh, je ne sais pas ! répliqua Sandy, sarcastique. Peut-être que le fait qu'il ait eu un bébé avec une femme qu'il ne connaissait pas depuis vingt-quatre heures m'ennuie un peu.
_ D'accord, la situation n'est pas idéale, mais personne n'est à l'abri d'une petite erreur de jugement.
_ Une petite erreur de jugement ? répéta Sandy, qui n'en croyait pas ses oreilles.

Comment sa mère pouvait-elle faire preuve d'autant d'indulgence à l'égard de Tom ?

_ Il faut être deux pour faire un bébé. Apparemment, la jeune femme était plus que consentante. Et puis, au moins, Tom assume les conséquences de ses actes. Ce ne doit pas être facile d'élever un bébé tout seul.

Il n'avait pas l'intention de l'élever seul, songea Sandy, indignée. Il essayait de l'obliger à l'aider.

_ Tout le monde peut se tromper, poursuivit Marie. Et j'espère que tu ne lui en veux pas, parce qu'il me plait beaucoup. Et à toi aussi, vu la façon dont vous vous faisiez des mamours au restaurant.
_ Des mamours ? Enfin, maman...
_ J'ai hâte de faire plus ample connaissance avec lui quand il viendra dîner.
_ Maman, il ne viendra pas dîner.
_ Bien sûr que si. Il a accepté mon invtation.
_ Peut-être, mais moi, j'annule.
_ Tu ne peux pas faire cela. Ce serait très grossier.

Sandy soupira. Il était inutile de discuter avec sa mère pour le moment. Elle s'occuperait de cela quand Tom serait rentré.

Des pleurs s'échappèrent du récepteur fixé à sa ceinture.

_ Il faut que je monte voir Isabelle, annonça-t-elle, soulagée de cette interruption. Merci pour le dîner, maman.
_ Je ne suis pas obligée de partir tout de suite. Je viens avec toi.

À sa grande consternation, sa mère la suivit jusqu'à la nursery en poussant des exclamations admiratives tous les deux pas. Arrivée sur le seuil, elle s'arrêta net et porta les deux mains à son visage.

_ Wow ! C'est féerique. On se croirait dans un rêve.
_ Un rêve de marchand de tissu, peut-être. Si tu avais vu la pièce avant que je remonte les teintures et le baldaquin hors de portée d' Isabelle ! C'était vraiment dangereux.
_ C'est la décoratrice de Tom qui s'en ai occupée ?
_ Non, répondit Sandy en sortant le bébé de son berceau. Tout ce qui est ici appartenait à la mère d' Isabelle.
_ Mais je croyais qu'elle la négligeait, fit Marie en fronçant les sourcils.
_ D'un point de vue affectif, oui. Pas matériellement. Mais elle ne passait pas de temps avec sa fille, et la pauvre petite n'a jamais pu former de lien avec personne. C'est pour cela qu'elle n'aime pas qu'on la porte.
_ J'ai l'impression que cela ne lui déplaît pas du tout, remarqua Marie en la regardant.

Surprise, Sandy baissa les yeux vers Isabelle. En effet, le bébé la regardait tranquillement. Elle se figea sur place, le c½ur battant. Elle n'osait plus bouger, à peine respirer, de peur de briser ce silence magique.

Isabelle ne pleurait pas ! Elle la regardait dans les yeux, confiante comme un enfant normal et en pleine santé. Le c½ur de Sandy se gonfla de tendresse.

La sonnerie du portable de Marie brisa le silence. Pendant que sa mère répondait, Sandy porta le bébé jusqu'à la table à langer. Quelle ne fut pas sa stupeur, alors, de constater qu' Isabelle restait tranquillement allongée tandis qu'elle la changeait.

Marie raccrocha au moment où elle finissait de la rhabiller.

_ Il faut que j'y aille, annonça-t-elle. C'était Betsy. Elle vient de se souvenir qu'elle avait promis à la société de location de rapporter la vaisselle ce soir. Je vais l'aider à charger.
_ Très bien, dit Sandy d'un ton absent, en gardant les yeux rivés sur la petite fille.
_ Bonsoir, ma chérie. Je retrouverai le chemin.
_ D'accord, bonsoir.

Le cliquetis des talons de Marie s'éloigna bientôt dans l'escalier. Sandy continua de sourire au bébé toujours calme, qui ouvrait de grands yeux clairs.

C'est alors qu' Isabelle leva les deux jambes, attrapa ses orteils dans ses petites mains et lui sourit de toutes ses gencives.

_ Mais tu souris ! s'émerveilla Sandy.

Des larmes de joie lui montèrent aux yeux.
Soudain, elle comprit. Isabelle était en train de s'attacher à elle.

Sandy avait accompagné Tom chez le pédiatre avant son départ, et le médecin avait bien insisté sur la nécessité de trouver quelqu'un pour s'occuper du bébé de façon permanente.

_ Le pire qui puisse arriver à Isabelle, avait-il précisé, c'est de s'attacher à une nouvelle personne qui la quittera.

Depuis le début, c'était bien ce qui inquiétait Sandy. Elle avait donc demandé au pédiatre combien de temps elle pouvait s'occuper d' Isabelle avant que la petite ne s'attache à elle.

_ Je ne sais pas exactement, avait-il répondu. Mais je pense que si vous ne dépassez pas deux semaines, cela devrait aller.

Elle croyait donc avoir de la marge, puisqu'elle ne s'occupait d' Isabelle que depuis cinq jours. Mais apparemment elle se trompait.

Isabelle rayonnait. Sandy sentit sa gorge se nouer. Jamais elle n'avait rien vu d'aussi beau que ce sourire béat. Rien ne l'avait touchée aussi profondément que la joie de ce bébé.
Jusqu'à ce qu' Isabelle lui tende ses petits bras maigres.

_ Tu... tu veux que je te prenne ? demanda Sandy, le c½ur serré.

À l'évidence, c'était bien cela. Sandy avait du mal à le croire. Cette petite fille qui criait, pleurait, se raidissait au moindre contact humain voulait qu'elle la porte ?

Voilà qu'elle se mettait à gémir en lui tendant les bras de plus belle, le regard suppliant.
Sandy prit peur. La dernière chose qu'elle souhaitait, c'était de la faire souffrir. Il fallait sans doute qu'elle évitât tout ce qui pourrait l'attacher un peu plus à elle.
Malgré tout, elle était incapable de résister à la prière silencieuse d'un enfant.

_ Viens là, ma chérie, murmura-t-elle en la serrant contre elle comme elle l'avait fait des dizaines de fois.

Sauf que cette fois ce fut différent.
Isabelle ne dit rien. Et se fut Sandy qui se mit à pleurer.



Que faire ? se répéta-t-elle presque toute la nuit.
Après avoir donné son biberon à Isabelle et l'avoir recouchée, elle s'assit dans le fauteuil dans un coin de la nursery et resta là, dans le noir, à écouter le souffle régulier du bébé.
Non seulement la petite fille avait cessé de résister, mais elle était venue vers elle. C'était un progrès considérable – qui lui posait le plus cruel des dilemmes. Si Sandy sortait maintenant de la vie d' Isabelle, le mal serait peut-être irréparable. En revanche, si elle restait...

Elle regarda par la fenêtre, le c½ur serré. Elle ne pouvait pas être la nounou d' Isabelle. Son expérience de mère d'accueil le lui avait appris. Elle s'était occupée d'une petite fille pendant quatre semaines et, lorsqu'elle avait été adopté – pourtant par un couple formidable qui rêvait de ce moment depuis des années, - Sandy avait été anéantie de devoir la laisser partir. Elle ne supportait pas qu'un enfant qu'elle aimait lui soit enlevé. Elle n'était donc pas faite pour être nounou. Non, elle était faite pour être mère.

La mère d' Isabelle. Au plus profond d'elle-même, elle le savait. Isabelle n'était pas la seule à s'être attachée : en l'espace de quelques jours, elle avait pris une place essentielle dans le c½ur de Sandy.

Cependant, devenir la mère d' Isabelle signifiait épouser Tom, ce qui engendrait toute une série de problèmes. Car elle s'était promis qu'elle ne se marierait que par amour. Pour elle, le mariage représentait un engagement à vie.

Mais rien ne lui permettait d'affirmer que l'homme de sa vie existait, ni qu'elle avait une chance de le trouver si c'était le cas. Avant que Tom et Isabelle ne fassent irruption dans sa vie, elle envisageait sérieusement de devenir mère célibataire en ayant recours à l'insémination artificielle. Non parce qu'elle ressentait le besoin biologique de donner la vie, mais parce qu'elle désirait profondément aimer et élever un enfant.

Aucun enfant ne pourrait avoir plus besoin d'elle, de son amour qu' Isabelle, et personne ne pourrait lui en donner autant que Sandy.

Le seul problème, c'était qu' Isabelle et Tom étaient indissociables.

Cette idée lui noua l'estomac. Tom représentait tout ce qu'elle s'était juré d'éviter chez un homme. Pouvait-elle vraiment se marier avec lui tout en prévoyant de divorcer dès qu'elle aurait adopté Isabelle ?

Elle s'approcha du berceau. La petite fille dormait sur le dos, ses bras tout fins relevés de part et ses bras tout fins relevés de part et d'autre de la tête, ses cheveux blonds en bataille. Une immense tendresse l'envahit.

Elle avait dit à Tom qu'elle ne se marierait que par amour. Eh bien, c'était ce qu'elle ferait si elle l'épousait pour devenir la mère d' Isabelle, car elle aimait cette enfant avec une intensité presque effrayante.

Les larmes aux yeux, elle caressa la joue du bébé endormi. Elle avait toujours su que, le moment venu, elle rencontrerait l'amour de sa vie. Elle n'ignorait qu'une chose : que l'amour de sa vie serait un bébé de six mois.







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Vos avis ?

Question du chapitre : Dîtes-moi le mot qui vous viens à l'esprit lorsque je vous cite ces prénoms :

- Georg Listing
- Gustav Schäfer
- Tom Kaulitz
- Bill Kaulitz


# Posté le lundi 19 mai 2008 14:13

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:14

_ Chapitre 17 _




Il était près de 23 heures le vendredi soir quand Tom monta les marches du perron de sa maison. D'ordinaire, il devait tâtonner dans le noir pour ouvrir la porte d'entrée. Mais ce soir, la lumière du porche brillait pour l'accueillir, et la lueur d'une lampe perçait à travers les rideaux tirés du salon.

_ Sandy ? appela-t-il quand il eut refermé la porte. Je suis rentré.

C'était étrange de savoir que quelqu'un l'attendait. Etrange, mais pas désagréable.
Sandy apparut dans le couloir en remontant l'encolure de son grand pull bleu qui avait glissé sur son épaule. Elle était en jean, pieds nus, et ses cheveux tombaient sur ses épaules en longues boucles blondes.

_ Waouh ! s'exclama-t-il. Vous n'êtes pas comme d'habitude.

Elle se passa une main dans ses cheveux, l'air gêné.

_ Je lisais et je me suis endormie sur le canapé, dit-elle d'un ton d'excuse. Je dois être dans un bel état...
_ Non, non, assura-t-il. Vous êtes très bien.

L'atmosphère se chargea de désir. C'était ce à quoi elle devait ressembler au lit, songea-t-il avec envie.

Décidément, elle lui faisait un effet des plus bizarres. En général, il se laissait d'abord éblouir pas le physique des femmes, puis, à mesure qu'il les connaissait mieux, il devenait de moins en moins sensible à leur beauté. Avec Sandy, c'était tout le contraire. Chaque fois qu'il la voyait, il la trouvait un peu plus attirante.

Mais avec elle, tout était différent. D'abord, il la courtisait pour le bien de son enfant, pas pour lui. Curieusement, il ne cessait de songer à elle. Avec les autres, c'était « loin des yeux, loin du c½ur » , tandis que Sandy occupait ses pensées avec une impressionnante ténacité. Et puis, la plupart des femmes qu'il connaissait adorait parler d'elles-mêmes. Or, depuis son départ, il avait appelé Sandy tous les jours et, elle n'avait rien dit d'elle, ne de ce qu'elle pensait.

_ Comment va Isabelle ? demanda-t-il.
_ Très bien. Elle n'a plus de fièvre et elle n'a plus l'air de souffrir. Elle dort. Vous voulez monter la voir ?
_ Oui.

Il posa son ordinateur portable et son sac de voyage sur le canapé et la suivit à l'étage. En montant l'escalier derrière elle, il ne put s'empêcher de l'admirer. Elle avait des fesses à la Jennifer Lopez : plaines, rondes, d'une forme parfaite, très agréables à regarder.

Sandy était d'ailleurs très agréable à regarder tout entière. Il lui plaisait qu'une femme ait de vraies courbes. Mais pourquoi Sandy les cachait-elle sous ses éternels vêtements trop grands ?

Son physique n'était pas la raison pour laquelle il voulait qu'elle restât auprès de lui, se rappela-t-il. S'il voulait qu'elle restât, c'était pour Isabelle.

La nursery n'était éclairée que par une veilleuse, si bien qu'il lui fallut quelques instants pour s'habituer à la pénombre. Il s'arrêta à côté de Sandy près du berceau.
Vêtue d'un pyjama rose à fleurs, Isabelle se tenait recroquevillée, les fesses en l'air, le pouce dans la bouche.

Qu'elle était petite et menue !Elle paraissait si fragile et sans défense que c'en était presque inquiétant. Il sentit une drôle de chaleur envahir sa poitrine, accompagnée d'un fort instinct de protection.

_ Ce n'est pas grave qu'elle dorme sur le ventre comme cela ? demanda-t-il à mi-voix. J'ai lu quelque part qu'il fallait coucher les bébés sur le dos.
_ C'est vrai pour les nourrissons, expliqua Sandy. Mais Isabelle est assez grande pour se retourner toute seule, donc ce n'est pas dangereux.

Ils restèrent encore un moment à la contempler, avant de sortir de la chambre. Tandis qu'ils descendaient, Sandy jeta un regard intrigué à Tom.

_ Alors, vous lisez des livres de puériculture ?

Il haussa les épaules.

_ Je veux être un bon père.

Elle le regarda un moment en silence.

_ Eh bien, je suis sûre que vous allez en être un, finit-elle pas dire.

Cette drôle de chaleur l'envahit de nouveau, à son grand agacement. Pourquoi fallait-il que cette remarque le touchât autant ?

_ Selon vous, il suffit de vouloir être un bon père pour le devenir ? lança-t-il d'un ton de défi.
_ Vous n'auriez pas ce désir si vous n'aimiez pas Isabelle.
_ Il n'y a qu'un petit problème : je ne sais pas ce qu'il faut faire pour être un bon père. Le mien n'était jamais là.
_ Alors, soyez celui que vous auriez voulu avoir.

Il aurait voulu tant de choses... Et si Isabelle avait les mêmes attentes ? Et s'il n'était pas à la hauteur ?

_ À quelle fréquence voyiez-vous votre père ? s'enquit Sandy en le suivant dans la cuisine.
_ Deux fois par ans. Une fois pendant l'été et une autre fois pour mon anniversaire ou pour Noël, répondit-il en sortant une bouteille de chardonnay du réfrigérateur.

Il détestait la période des fêtes. Il détestait abandonner l'un de ses parents et faire croire à l'autre qu'il s'amusait, il détestait cette impression que c'était à cause de lui qu'ils étaient si malheureux.

_ Que faisiez-vous quand vous étiez ensemble ?
_ Nous allions assister à un match de football, de base-ball ou de hockey, raconta-t-il en cherchant un tire-bouchon. Nos activités père-fils s'arrêtaient là. Il retournait travailler en me laissant avec sa femme du moment, et j'avais l'impression de déranger.
_ Votre père s'est donc remarié ?
_ Deux fois. Et il a divorcé de nouveau deux fois. Il ne savait pas quoi faire d'un enfant.
_ Mais vous aimiez bien être avec lui, devina-t-elle.
_ Oh, oui ! Je me mettais dans tous mes états quand je devais le quitter. Il avait horreur de cela. Il détestait les démonstrations d'émotion.
_ Il ne savait sans doute pas comment réagir.

Comment en étaient-ils venus à parler de ça ? se demanda-t-il en débouchant la bouteille. Sandy avait le don de provoquer ses confidences.

_ Parlez-moi d' Isabelle, lui demanda-t-il. Elle a bien mangé ?
_ Comme un petit ogre, répondit-elle en souriant. Elle a l'air d'avoir beaucoup plus d'apétit.
_ Génial. Vous lui faites un bien fou, Sandy.

Il le disait sans arrière-pensée.
Elle se détourna et changea de sujet.

_ Vos réunions se sont bien passées ?
_ Très bien. Ils vont adopter mon plan à long terme, répondit-il en remplissant deux verres à vin. À l'origine, ils avaient l'intention de supprimer une centaine d'emplois, mais, avec ce plan, ils n'y sont plus obligés. J'en suis assez fier.
_ Vous pouvez l'être.
_ D'autant que la plupart des employés on une famille à charge, ajouta-t-il. Vous avez une idée de ce qui arrive si le soutien de famille principal perd son emploi ?
_ Non. Mais j'imagine que cela doit créer un gros traumatisme, dit-elle.

Il confirma d'un hochement de tête.

_ Cela peut briser une famille. En outre, dans la conjoncture actuelle, la majorité de ces gens aurait du mal à retrouver du travail ailleurs.

Elle le fixa d'un regard scrutateur. Une fois de plus, il se demanda s'il n'en avait pas trop dit.

_ Eh bien, félicitations !
_ Merci.

Il lui tendit un verre, qu'elle leva.

_ À votre réussite, dans votre travail comme dans votre rôle de père !

Il fit tinter son verre contre le sien avant de boire une longue gorgée. Il la regarda boire à son tour. Puis ils les resservit en portant un toast.

_ À vous, dit-il. La meilleure chose qui soit arrivée dans la vis d' Isabelle et dans la mienne.
_ Vos propos sont exagérés, répondit-elle avec un petit sourire.
_ C'est la vérité. Buvez.

Elle obéit, et il l'imita.

_ Alors, demanda-t-il ensuite, que s'est-il passé pendant mon absence ?
_ Eh bien, vous avez reçu quelques coup de fils, lui apprit-elle en prenant le bloc à côté du téléphone.

Une sonnette d'alarme retentit dans la tête de Tom. Il s'efforça tout de même d'adopter un air détaché.

_ De qui ? s'enquit-il.
_ Une certaine Tiffany a appelé hier. Elle m'a prise pour la bonne. Elle voulait savoir à quelle heure vous rentriez et si j'accepterais de la laisser entrer pour que vous ayez la surprise de la trouver à votre retour.

Zut.

_ Je ne suis sorti avec elle que deux fois, dit-il. J'espère qu'elle ne vous a pas donné l'impression qu'il y avait quelque chose entre nous.
_ Oh, que si ! répliqua-t-elle en faisant la moue. Si je peux vous donner un conseil, Tom, sachez que la plupart des femmes pensent que, lorsqu'on couche avec elles, on a une relation avec elles.
_ Je n'ai pas couché avec elle.

Il devina à son expression qu'elle ne le croyait pas.

_ Je vous le jure, insista-t-il en levant la main. C'était parti pour, mais j'ai décidé de faire marche arrière.
_ Il faudrait peut-être la prévenir, parce qu'elle à l'air de penser que ça marche très fort entre vous. Vous avez aussi reçu un appel de Mandy, poursuivit-elle en consultant le bloc.
_ Qui ?
_ Mandy. Apparemment, vous l'avez rencontrer à Leipzig le mois dernier et vous lui avez dit de vous téléphoner si jamais elle venait à Berlin. Elle va bientôt avoir des vacances et elle pensait les passer ici si vous étiez dans les parages.

Décidément, cela ne devait pas lui donner une très bonne impression de lui.

_ Et Charlotte est passée, annonça-t-elle.

Il se racla la gorge avant de répondre :

_ C'est ma décoratrice.
_ Elle propose un service très personnalisé, alors, commenta Sandy, parce qu'elle a sonné chez vous à 20 heures, fraîche comme une rose, pour vous apporter une composition florale de printemps.

Zut et rezut.

_ Ensuite, Buffy a téléphoné, continua-t-elle en haussant les sourcils.

Tom aurait voulu disparaître sous le plan de travail.

_ Je pensais bien que vous étiez un don Juan, Tom, mais je ne me doutais pas que vous donniez aussi dans les vampires . . .






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La meilleure fiction que vous ayez lu ? [ à part la mienne bien sûr (a) ]

# Posté le vendredi 30 mai 2008 14:27

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:13