Hi everyone ! =)

Hi everyone ! =)
Hi ! =]


C'est pas l'envie qui m'en empêche de vous parler en Anglais mais bon ><'


Bienvenue !


Sur une toute nouvelle histoire qui prend son envol.
Cet envol, j'espère le partager avec vous.
Et ce, jusqu'à la fin.






Résumé :

Que faire quand on découvre soudain qu'on est le père d'un bébé de cinq mois dont la mère vient de décéder ? Tom Kaulitz est paniqué. Lui, responsable d'un nourrisson ? Il n'est même pas capable de s'occuper d'un poisson rouge !
_ Premier réflexe : demander de l'aide.

Une certaine Sandy Stedquest anime une émission de radio consacrée à l'éducation des enfants. Elle aura sûrement quelques bons tuyaux à lui donner. Mais, après avoir rencontré cette jolie trentenaire, il entrevoit la solution qui réglerait son problème : un mariage de convenance, temporaire bien sûr. Lorsque Sandy accepte, Tom croit toutes ses difficultés aplanies. C'est oublier la clause la plus ardue de leur contrat : interdiction formelle de s'invetir sur le plan affectif . . .









P.S: Je rappelle que dans cette histoire, ils sont adultes.
Le groupe Tokio Hotel, a terminé en beauté leur carrière il y a quelques années.
Donc, les membres du groupe ne sont pas présent x)




Re-P.S: Toutes celles qui souhaite être prévenues de la suite, laissez des commentaires constructifs aux derniers chapitres . . . Merci =]
Juste histoire de me simplifier la vie =)



# Posté le jeudi 20 décembre 2007 13:49

Modifié le lundi 21 juillet 2008 13:27

xXx-1-xXx




...... Tom Kaulitz n'eut même pas besoin de quitter des yeux l'écran de son ordinateur pour savoir que son assistante, Lanie, avait surgi dans son bureau. Le claquement résolu de ses talons l'avait alerté.

_ Vous ne répondez pas à l'interphone, lança-t-elle d'un ton de reproche.
_ Je vous ai dit que je ne voulais pas qu'on me dérange.
_ Je sais, mais il y a un appel qu'il faut que vous preniez sur la deux.

..... Tom soupira. La cinquentaine autoritaire, Lanie était l'assistante idéale. Elle ne s'en laissait pas conter par les directeurs généraux qui engageaient Tom pour sauver leur entreprise en difficulté et elle terrifiait les comptables, les avocats et autres spécialistes auxquels il faisait appel pour l'aider dans cette tâche. C'était aussi une travailleuse infatigable et une femme opinâtre et résolue.
..... Hélas, ces qualités se retournaient parfois contre lui ! Maintenant, par exemple.

_ Si ce n'est pas le président, le pape ou Angelina Jolie, cet appel devra attendre, réplique-t-il.

..... << Plan, priorités, concentration >> était sa devise. La plupart des entreprises qui faisaient appel à lui se trouvaient au bord de la faillite notamment parce qu'elles avaient perdu de vue leurs priorités. Une erreur qu'il était résolu à ne pas commettre.
..... Et surtout pas aux dépens du cas qui l'occupait actuellement. Allen industries employait près de mille personnes dont le travail dépendait de sa capacité à redresser la société. Cette responsabilité pesait très lourd sur ses épaules.

_ C'est un brigadier de la police de Hamburg, insista Lanie.
_ Hamburg ? répéta-t-il.

..... C'était étrange, il n'avait pas mis les pieds à Hamburg depuir troi ou quatres ans.

_ Que veut-il ?
_ Il a refusé de me le dire. Il tient à vous parler en personne.
_ Il doit vouloir me vendre des billets pour le bal de la police, conclut-il.
_ Ce n'est pas un appel intéressé, affirma Lanie avec une conviction aussi inébranlable que son chignon gris laqué. Il faut vraiment que vous le preniez.

..... Lanie filtrait ses appels avec la plus grande sévérité. Quand elle estimait qu'il y en avait un auquel il fallait qu'il réponde, elle ne lâchait pas prise. La convaincre d'éconduire ce policier serait sans doute plus long que de prendre l'appel. Tom poussa un profond soupir et leva les deux mains en signe de reddiction.

_ D'accord, fit-il. Mais ensuite, je ne veux plus être dérangé de l'après-midi.

..... Satisfaite, Lanioe tourna les talons et s'éloigna à grands pas.
..... Tom regarda par la fenêtre en faisant pivoter son fauteuil vers le téléphone. Au vingt et unième étage de cet immeuble de Kanal-Straße, il avait une vue imprenable sur la ville de Berlin.
..... Tout en regardant par la fenêtre, il appuya sur le bouton rouge du haut-parleur de son téléphone.

_ Tom Kaulitz, annonça-t-il.
_ Monsieur Kaulitz, ici le brigadier Bill Jones de la police d'Hamburg, dit une voix de baryton.
_ Que puis-je faire pour vous ? demanda Tom avec impatience, en tambourinant sur la table du bout des doigts.
_ Désolé, monsieur, j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Je regrette d'avoir à vous en informer, mais ...

..... Le policier marqua une hésitation qui éveilla l'attention de Tom.

_ Quoi ?
_ Eh bien, monsieur ... Ella Sinclair est décédée dans un accident de la circulation hier soir. Je suis sincèrement désolé.

..... Ella Sinclair. Ce nom lui disait bien quelque chose, mais quoi ? Il ne voyait pas.

_ Vous êtes toujours là, monsieur ? s'inquiéta le policier.
_ Oui, oui.

..... Tom se pencha en avant, les sourcils froncés. Qui était Ella Sinclair ? Il tourna et retourna ce nom dans son esprit en tentant d'y associer un visage. Ella Sinclair, Ella Sinclair ... Ella Sinclair ! Ah oui, il se souvenait. De grands yeux bleus, des cheveux blonds plutôt raides et encore plus de courbes qu'une piste de slalom. Ils s'étaient rencontrés à la station de ski d'Aspen un an auparavant et avaient passé une nuit ensemble. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais ce soir-là il était un peu fatigué et elle plus que consentante. Leur liaison en était restée là : ils ne s'étaient ni vus ni parlé depuis.

_ Ella est morte ? fit-il.
_ Hélas, oui, monsieur.

..... Tom regarda la téléphone en fronçant les sourcils de plus belle, sidéré.

_ Mon Dieu, je suis désolé, dit-il. C'est vraiment triste.

..... Il hésita un instant avant de poursuivre. Il regrettait d'avoir à paraître insensible, mais il fallait bien qu'il pose la question.

_ Alors, demanda-t-il, pourquoi m'appelez-vous ?
_ Eh bien, vous êtes inscrit comme personne à contacter en cas d'urgence.
_ Quoi ?
_ Vous paraisser surpris, observa le brigadier après un silence.
_ Euh ... eh bien, oui. Je la connaissait à peine.

..... D'accord, ils avaient passé de bons moments sur les pistes et au lit, mais l'histoire s'arrêtait là. C'avait été une aventure d'un soir, point final.
..... A la vérité, il avait trouvé Ella trop écervelée à son goût. Héritière d'une petite fortune pétrolière, elle se conduisait en fille à papa à la fois trop riche et désoeuvrée. En règle générale, il choisissait des femmes aussi concentrées que lui sur leur carrière. Ella, elle, ne se concentrait que sur une chose : s'amuser.

_ Je ne comprends pas pourquoi elle a dit qu'il fallait me contacter.

..... Cette fois, le policier marqua une longue pause.

_ Eh bien, monsieur, finit-il par expliquer, je pense que c'est à cause du bébé.

..... Le sang de Tom se glaça dans ses veines.

_ A cause de quoi ?
_ Du bébé.

..... Tom resta parfaitement immobile. Bébé ... Le mot n'en finissait pas de résonner dans sa tête.

_ Vous êtes toujours là, monsieur Kaulitz ? demanda le brigadier.


# Posté le jeudi 20 décembre 2007 15:29

Modifié le samedi 31 mai 2008 11:29

xXx-2-xXx




_ Oui, oui.
_ Je craignais que nous n'ayons été coupés.

..... Tom coupa le haut-parleur.

_ Non, nous n'avons pas été coupés, mais il y a certainement erreur sur la personne.
_ Vous êtes bien Tom Kaulitz ?
_ Oui, mais ...
_ Au 31, Kanal-Straße, à Berlin ?
_ C'est bien l'adresse de mon bureau, mais je n'ai pas de bébé.
_ Selon le certificat de naissance, si.
_ Quel certificat de naissance ? demanda-t-il d'une vois glaciale.
_ Celui que j'ai sous les yeux. Isabelle Elizabeth Sinclair Kaulitz, née le 21 septembre. Mère : Ella Christine Sinclair. Pour le nom de père, il est écrit Tom Kaulitz.

..... Etait-ce une plaisanterie ? Il ne connaissait personne qui ait assez mauvais goût pour trouver cela drôle. Cette histoire ne pouvait pas être vraie. Il s'agissait forcément d'une erreur ou d'une escroquerie.
..... D'accord, mais quelle escroquerie pouvait impliquer une femme morte et un bébé ?
..... Tom s'affaissa dans son fauteuil.

_ Ecoutez, fit-il, je ne vois de quoi vous parlez. Je n'ai pas de bébé.

..... Le ton du policier, jusque-là respectueux, se fit plus dur.

_ Alors, c'est comme ça que vous allez la jouer ?
_ Je ne joue pas ! protesta Tom.
_ Bien sûr, rétorqua le policier, incrédule. Je ne sais pas comment vous faites pour vous regarder dans la glace, alors que vous fuyez vos responsabilités vis-à-vis de votre enfant.

..... Ces mots firent à Tom l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.

_ Hé ! s'exclama-t-il. Cela fait plus d'un an que je n'ai pas eu de contact avec Ella et je ne suis pas au courant de l'existence de ce bébé. C'est la première fois que j'en entends parler.

..... Cette sortie fut suivie d'un long silence.

_ Bon sang ! finit-il par marmonner le brigadier. Vous ne plaisantez pas, pas vrai ?
_ Pas du tout. Et vous ? Quelqu'un vous pousse à me faire marcher ?

..... Pourvu que ce soit le cas ! songea-t-il.

_ Oh, mince, lâcha le policier avant d'émettre un sifflement. Mince alors. Vous ne saviez vraiment pas, n'est-ce pas ?
_ Il n'y a rien à savoir, rétorqua Tom, irrité. Il doit y avoir une erreur.
_ Votre nom figure bien sur le certificat de naissance.
_ Ecoutez, je ne sais pas quel document vous avez entre les mains, mais ce doit être un faux. Je n'ai jamais signé de certificat de naissance.
_ Les pères ne les signent pas. Ce sont les mères qui les remplissent à l'hôpital.
_ Vous voulez me dire qu'une femme peut inscrire le nom de l'homme qui lui chante ?
_ Eh bien ...

..... Le policier s'interrompit, comme s'il réfléchissait à la question.

_ Hum, finit-il par dire. Sans doute que oui. Alors, vous pensez que Mlle Sinclair aurait inscrit votre nom pour vous demandez une pension alimentaire, c'est ça ?

..... Sauf que cela n'avait aucun sens. Elle n'aurait jamais eu besoin d'une pension alimentaire. Certes, Tom gagnait très bien sa vie, mais elle devait avoir des revenus au moins dix fois supérieurs aux siens.
..... Il ne voyait vraiment aucune raison pour qu'elle l'ait déclaré comme père de son enfant.
..... À moins que ce ne soit la vérité.
..... Il en eut presque la nausée.

_ C'est du la folie, dit-il en changeant le combiné d'oreille. Si elle pensait que j'étais le père, pourquoi n'a-t-elle pas pris contact avec moi ?
_ Aucune idée. Mais qui sait pourquoi les femmes font ce qu'elles font ? J'ai beau être marié depuis quinze ans, je n'y comprends toujours rien.

..... C'était surréaliste. Il devait rêver.

_ Selon le certificat, quelle est la date de naissance du bébé ?
_ Le 21 septembre.

..... Tom fit un rapide calcul mental. Il était allé skier juste avant Noël, ce qui signifiait qu'il avait rencontré Ella à la fin du mois de décembre. Et de ce décembre à septembre, il y avait ... neuf moi !
..... Non, impossible. Il n'avait passé qu'une nuit avec elle.
..... Une seule nuit, et elle serait tombée enceinte ?
..... Il n'y croyait pas. De toute façon, comment pouvait-elle avoir la certitude que le bébé était de lui ? Ella aimait faire la fête, elle semblait avoir l'habitude des aventures d'un soir.
..... Et puis, il avait mis un préservatif. Il en mettait toujours. Se pouvait-il que le latex se soit rompu ? Consterné, il se rappela une déchirure qu'il avait cru avoir faite en retirant le préservatif. Cette nuit là, il n'avait pas les idées très claires. Ils avaient bu plusieurs verres ...
..... Tom inspira à fond.

_ Reprenons du début, suggéra-t-il. Comment avez-vous eu mon nom et mon numéro et d'où sort ce certificat de naissance ? Je veux connaître toute l'histoire.
_ Eh bien ... Comme je vous l'ai dit, il y a eu un accident de voiture hier soir. J'ai le rapport sous les yeux. « Vers 2 heures du matin, cite-t-il dans un bruissement de papiers, un automobiliste a appelé le 911 pour signaler qu'une Jaguar blanche s'était écrasée contre la rambarde de la voie inférieure sur Stemmons Freeway. Deux véhicules de police, deux camions de pompier et une ambulance du SAMU ont répondu. L'ambulance est arrivé la première sur le lieu de l'accident. Le rapport de l'équipe médicale précise que la victime ne respirait plus et le pouls n'était pas perceptible. Les médecins ont tenté de la réanimer sur place avant de la transporter à l'hôpital, mais elle a été déclarée morte avant d'y arriver. La victime est une femme de race blanche dont le permis de conduire indique qu'elle s'appelait Ella Sinclair. » Selon le rapport de police, ajouta-t-il d'un ton contrit, il émanait une forte odeur d'alcool de la voiture. Une autopsie est en cours.
_ Y a-t-il d'autres gens impliqués dans l'accident ? demanda Tom.
_ Pas directement. Voyons ... Selon les témoins, la victime, je cite, « roulait très vite et faisait des écarts ». Toujours selon eux, elle allait percuter une camionnette gris métallisé. Quand le conducteur a klaxonné, elle a donné un coup de volent trop brutal et a perdu le contrôle de véhicule.

..... Ô Seigneur...

_ Alors, comment avez-vous eu mon nom ?
_ Un officier est allé chez Mlle Sinclair prévenir la famille. « Une certaine Mme ... euh ... Mme Greta Mitchell a ouvert et s'est présentée comme la nourrice du bébé. Elle a dit qu'elle ne connaissait pas bien la victime car elle ne travaillait pour elle que depuis une semaine environ. Cependant, elle avait le nom et le numéro de téléphone de trois personnes à prévenir en cas d'urgence : le pédiatre du bébé, un avocat et le père de l'enfant. » Vous. Votre carte de visite était agrafée au papier, ainsi qu'une copie du certificat de naissance.

..... Tom se força à respirer profondément. Il devait absolument réfléchir. Des faits. Il lui fallait des faits. Tous les faits.

_ Donnez-moi le nom et les coordonnées de l'avocat et de la nourrice, demanda-t-il.
_ Euh ... bien sûr.

..... Tom les nota d'une main tremblante.

_ Vous aurez aussi besoin du numéro des services sociaux, ajouta le policier.
_ Pourquoi ?
_ Eh bien, la petite est chez eux. Selon l'avocat, la victime n'avait plus de famille. Alors, il faut que vous veniez chercher le bébé.

..... Chercher le bébé ? Le souffle coupé, Tom comprit tout ce que cela impliquait.
..... Ella était morte. Elle n'avait pas de famille. Comme c'était lui qui était déclaré comme père, il était censé prendre le bébé en charge.
..... Dieu du ciel ! Il était célibataire, travaillait souvent plus de douze heures pas jour, voyageait régulièrement, mangeait les restes de pizza de la veille au petit déjeuner et sortait avec des brunes au physique de mannequin. Son réfrigérateur contenait en tout et pour tout un pack de bières et une bouteille de jus d'orange.
..... Il ne pouvait pas s'occuper d'un bébé. Il n'arrivait même pas à garder une plante verte en vie.
..... Et puis, sa vie lui plaisait telle qu'elle était. Non, désidément, il devait s'agir d'une terrible erreur.
..... L'ADN. Voilà ce qui allait établir la vérité. Il allait appeler son avocat et lui demander d'organiser un test ADN. Une preuve scientifique le tirerait de ce mauvais pas.
..... « Et si ce n'est pas le cas ? » lui souffla une petite vois insidieuse au fond de lui.
..... Que diable ferait-il d'un bébé ?


# Posté le vendredi 21 décembre 2007 15:13

Modifié le samedi 31 mai 2008 11:31

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Deux semaines plus tard.

..... Une bourrasque du vent glacé de décembre s'engouffra dans le centre médico-social du comté d'Hamburg quand Tom poussa le porte, qui alla cogner violemment contre le butoir. Il devait pas faire plus de 5°C, ce qui contrastait désagréablement avec la douceur des quelque 20°C qu'il avait laissé ce matin-là à Berlin.
..... Enfin, ce temps glacial s'accordait parfaitement avec son humeur et la mission qui l'amenait ici. Il allait devenir père.
..... Non, corrigea-t-il intérieurement. Pas devenir. Théoriquement, il l'était déjà, depuis sic mois. Mais comme il n'était au courant de l'existence du bébé que depuis deux semaines et que cela ne faisait que deux jours qu'il avait la certitude que l'enfant était de lui, il estimait que ses débuts officiels dans la paternité allaient avoir lieu aujourd'hui, quand il en prendrait la garde.
..... Garde. Père. Bébé. Ces mots lui nouait le ventre. Il avait toujours du mal à le croire, mais le test ADN le lui avait confirmé : il y avait 99,99% de chances qu'Isabelle Elizabeth Sinclair Kaulitz soit son enfant.
..... Tout s'était passé si vite que la tête lui tournait encore. Son avocat lui avait annocé la nouvelle d'une voix aussi lugubre que celle d'un entrepreneur de pompes funèbres.

_ Le résultat du test est arrivé, Tom, avait-il dit. Vous êtes assis ?

..... Et Tom avait cru que son monde s'écroulait quand, d'un ton solennel, son avocat avait ajouté :

_ Vous êtes parfaitement compatibles. Le bébé est sans aucun doute de vous.

..... Durant deux semaines, Tom s'était raccroché à l'espoir d'une erreur. Persuadé que le test génétique le tirerait de ce mauvais pas, il n'avait pas envisagé sérieusement toutes les conséquences que pouvait entraîner une éventuelle paternité.
..... C'était fou, la vitesse à laquelle une vie pouvait basculer. On était célibataire, sans attaches, et vlan ! On se retrouvait du jour au lendemain père célibataire chargé d'élever un enfant que l'on avait conçu avec une femme que l'on connaissait à peine.
..... En téléphonant à Mme Mitchelle, l'ancienne nounou, il s'était rendu compte que, en effet, il connaissait très mal Ella.

_ Je ne veux pas dire du mal des morts, avait dit la nourrice d'un ton réprobateur, mais Mlle Sinclair n'avait vraiment pas la fibre maternelle. Elle ne passait jamais de temps avec le bébé. Elle n'était presque jamais chez elle. Au cours de la semaine où j'ai travaillé pour elle, elle s'est absentée deux fois toute la nuit et a passé le reste du temps je ne sais où, à faire je ne sais quoi avec je ne sais qui. Elle voulait que je travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre. J'allais démissionner, avait-elle conclu avec un reniflement de dédain, mais elle est morte avant que j'en aie eu le temps.
_ Quel dommage pour vous ! avait-il répliqué, incapable de résister à la tentation.

..... La nounou n'avait pas relevé son sarcasme et avait continué d'une vois horrifiée :

_ Et ce bébé ! C'est l'enfant le plus difficile que j'aie jamais vu.
_ Comment cela, difficile ? avait demandé Tom, inquiet.
_ Elle pleure tout le temps. Elle est très malheureuse.

..... Pas étonnant, avait songé Tom. Entre une mère qui l'ignorait et cette espèce de mégère pour nounou, il y avait de quoi être malheureux.

_ Je ne suis pas le seule à avoir trouvé la situation invivable, avait précisé Mme Mitchelle. J'étais la septième nourrice envoyé par mon agence et, d'après ce que j'ai compris, Mlle Sinclair en avait déjà épuisé deux autres avant.

..... Malgré ses efforts, Arthur Greenwood, l'avocat d'Ellan n'avait pas montré sa cliente sous un jour beaucoup plus favorable.

_ Je suis l'avocat de la famille depuis des dizaines d'années et j'ai connu Ella quand elle était enfant, lui avait appris l'homme au physique de bon grand-père quand Tom était passé à son bureau, ce matin-là. Hélas, elle a été élevée de façon un peu... laxiste. Sa mère est morte quand elle avait tout juste trois ans, et son père ... Enfin, avait-il conclu avec un soupir, Edgar était sans doute un peu trop généreux avec sa fille.

..... C'était gentiment dit, mais cela signifiait qu'Ella était pourrie gâtée.

_ Ella n'a jamais vraiment su se fixer sur quoi que ce soit. Elle essayait une chose quelque temps, puis s'en désintéressait et passait à un autre. Je crains qu'elle n'ai traité la maternité comme le reste.

..... Selon lui, elle avait d'abord été heureuse d'être enceinte. Il avait profité de son enthousiasme pour la convaincre de rédiger un testament et d'instituer un fonds en fidéicommis à l'intention du bébé. Isabelle avait donc été déclarée héritière d'Ella et Tom tuteur de l'enfant.

_ Si elle savait que c'était moi le père, s'était étonné Tom, pourquoi ne pas m'en avoir parlé ?
_ J'ai essayé de la persuader de le faire, avait rassuré l'avocat, mais elle a refusé. Elle disait qu'elle ne voulait pas avoir à partager.

..... Tom connaissait des gens égoïstes, mais en la matière, Ella battait tous les records.

_ Dans ce cas, pourquoi a-t-elle fait figurer mon nom sur le certificat de naissance ?
_ Le nom de Sinclair a pesé lourd sur ses épaules, elle voulait un autre destin pour son enfant. Et puis, elle disait que sa fille aurait peut-être un jour envie de savoir qui était son père.
_ Comment comptait-elle expliquer mon absence de sa vie ?

..... Me Greenwood avait soupiré.

_ Il serait écoulé des années avant qu'Isabelle soit en âge de poser des questions, alors j'imagine qu'elle attendait que le moment soit venu pour y réfléchir.



..... A ce souvenir, Tom referma la porte du centre médico-social plus brutalement que nécessaire. Il franchit une seconde porte vitrée et pénétra dans une salle d'attente assez triste où une douzaine de personnes attendaient leur tour sur des chaises en plastique alignées le long des murs blancs.
..... La réceptionniste assise derrière le comptoir semblait essayer de compenser à elle seule le manque de couleurs du lieu. Elle portait une robe vert perroquet et du rouge à lèvres vermillon.

_ Puis-je vous aider ? pépia-t-elle.
_ Je suis Tom Kaulitz, déclara-t-il. J'ai rendez-vous avec Mme Tücker.
_ Ah, oui ! s'exclama-t-elle après avoir consulté l'écran de son ordinateur. Vous venez cherchez votre fille.

..... Votre fille. Ces mots le secouèrent. Combien de temps lui faudrait-il pour se faire à cette idée ?

_ Signez ici, s'il vous plaît, lui demanda-t-elle en lui tendant une feuille de papier. Il me faut aussi une pièce d'identité.

..... Comme s'il fallait se faire passer pour quelqu'un d'autre pour se retrouver dans cette situation ! Malgré tout, il sortit sans rien dire son permis de conduire de son portefeuille en cuir.
..... La femme inclina le tête sur le côté pour l'étudier. Ce qu'elle lui dut lui convenir, car elle lui rendit son permis avec un sourire qui fit paraître son nez en forme de bec encore plus long.

_ Mme Tücker est allée chercher votre bébé dans sa famille d'accueil, expliqua-t-elle. Elle ne devrait pas tarder à revenir. Ensuite, le médecin examinera l'enfant. Entre-temps, si vous vous bien remplir ce formulaire, ajouta-t-elle en lui tendant un papier.

..... Tom alla s'asseoir entre une femme d'âge moyen et une jeune mère hispanique qui tenait un petit enfant endormi dans ses bras. Il inscrivit son nom, son adresse et les autres renseignements qui le concernaient. Arrivé à la ligne « lien de parenté avec l'enfant », il hésita. C'était la première fois qu'il reconnaissait par écrit être le père d'Isabelle. Il griffonna le mot à la hâte avant de poursuivre.
..... « Nom de l'enfant. » Isabelle Elizabeth Sinclair Kaulitz, écrivit-il. À la ligne suivante, il s'interrompit de nouveau. « Poids de l'enfant. » Il n'en avait aucune idée. Pas plus que de la « durée de la grossesse » ou du « type d'accouchement ». Il laissa des blancs, envahi par un curieux mélange de culpabilité et de colère. Il n'avait été présent à aucun de ces moments. Il avait été tenu à l'écart de la naissance de son enfant et, le plus troublant, c'était qu'il ne savait pas s'il en était soulagé ou contrarié.
..... Il était facile d'en vouloir à Ella, et il ne s'en privait pas. Elle n'avait aucunement le droit d'avoir un enfant de lui sans l'en informer. Elle aurait au moins pu lui passer un coup de fil ou lui envoyer un mot au lieu de le traiter comme un donneur de sperme anonyme. Il lui en voulait aussi pour la façon dont elle avait traité l'enfant. Apparemment, elle avait fait preuve d'un égoïsme et d'une négligence inexcusables.
..... Le problème, c'était qu'il s'en voulait tout autant qu'à elle. Uniquement parce qu'elle était jolie, il avait eu une aventure d'un soir avec une femme qu'il ne connaissait pas –et qu'il n'aurait pas appréciée s'il l'avait connue. Une conduite qu'il jugeait quelque peu inconséquente, d'autant qu'il avait considéré cette rencontre comme si elle n'avait pas plus d'importance qu'une partie de tennis.
..... Pas un instant il ne lui était venu à l'esprit qu'ils avaient pu concevoir un bébé.
..... Qu'aurait-il fait s'il l'avait su ? Il n'en avait aucune idée. Une seule chose était sûre : il n'aurait pas épousé Ella. Pas définitivement, en tout cas. Peut-être aurait-il envisagé une espèce de mariage de convenance à court terme pour légitimer le bébé, mais il aurait exigé un contrat en béton et une date de divorce préétablie. Non qu'il soit du genre à se marier. Il avait vu ses parents divorcer, se remarier. Il était donc bien placé pour savoir que le mariage n'apportait que des souffrances.
..... Il signa le formulaire, se releva et le rapporta à la réceptionniste. Il venait de se rasseoir quand un porte sur le côté de la salle d'attente s'ouvrit.

_ Monsieur Kaulitz ? demanda une femme brune vêtue d'un chemisier fleuri.

..... Il sauta sur ses pieds.

_ Venez avec moi, dit-elle.

..... Le c½ur battant, il la suivit dans un couloir qui sentait le désinfectant. Au bout, on entendait résonner les hurlements d'un bébé. Etait-ce sa fille ? Si oui, elle ne manquait pas de voix ...
..... La femme le conduisit dans un petit bureau où il fut accueilli par une autre femme ronde à l'air aimable, vêtue d'un tailleur-pantalon bleu marine.

_ Virginia Tücker, annonça-t-elle en lui tendant la main.
_ Tom Kaulitz, répondit-il.

..... Elle désigna l'un des deux fauteuils en vinyle noir de l'autre côté de la grande table sur laquelle était posée une plaque au nom du Dr J.E. Smithers. Les diplômes accrochés au mur indiquaient qu'il était un pédiatre.

_ Je vous en prie, asseyez-vous. J'ai un certain nombre de choses à voir avec vous. Ensuite, j'irai chercher le bébé.
_ Ces pleurs... c'est Isabelle ? demanda-t-il.
_ Oui, confirma Mme Tücker en sortant deux formulaires d'un dossier. Pour commencer, reprit-elle, il faut que vous signiez ces papiers de décharge.

..... Elle les lui tendit, et il s'exécuta.

_ Pourquoi pleure-t-elle ? s'enquit-il.
_ Les bébés pleurent. Il y a toutes sortes de raisons possibles.

..... Il fronça les sourcils.

_ Eh bien, il ne faudrait pas que quelqu'un fasse quelque chose pour la calmer ?
_ Ne vous inquiétez pas, monsieur Kaulitz. Elle est avec une assistante sociale qui est merveilleuse avec les enfants. Je suis sûre qu'elle fait tout son possible pour la consoler.

..... Il fronça les sourcils de plus belle. Si une professionnelle ne parvenait pas à empêcher le bébé de pleurer, comment lui, qui n'y connaissait rien, allait-il y arriver ?

_ Elle a un problème ? s'inquiéta-t-il.
_ Certains bébés pleurent plus que d'autres. Le médecin sera là d'un instant à l'autre. Il va tout vous expliquer, promit-elle d'un ton apaisant.

..... Mais Tom ne voulait pas être apaisé. Des sonnettes d'alarme retentissaient dans son esprit.

_ Comment cela, tout ? Qu'y a-t-il à expliquer ?
_ Hum, fit-elle, hésitante, il y a une chose dont il faut que nous parlions. La mère de la première famille d'accueil qui s'est occupée d'elle a dit qu'Isabelle était plutôt... difficile.


# Posté le lundi 24 décembre 2007 16:22

Modifié le samedi 31 mai 2008 11:32

xXx-4-xXx


..... La nourrice désagréable qu'il avait eue au téléphone avait employé le même mot. Tom n'avait pas encore rencontré sa fille que, déjà, il en voulait à quiconque disait du mal d'elle.

_ En quoi est-elle difficile ?
_ Eh bien, elle pleure beaucoup, et on a énormément de mal à la calmer. Et puis, elle refuse le contact humain. Comme son comportement nous inquiétait, nous l'avons conduite à l'hôpital pour des examens approfondis.

..... La porte s'ouvrit brusquement, livrant passage à un homme d'âge moyen, grand, vêtu d'une blouse blanche.
..... Le soulagement se peignit sur les traits de Mme Tücker.

_ Ah, voilà le Dr Smithers. Il saura vous expliquer tout cela bien mieux que moi. Docteur, je vous présente M. Tom Kaulitz. Je commençais tout juste à lui parler de l'état d'Isabelle.

..... L'état ? songea Tom en serrant la main du médecin, impatient d'en venir au fait.

_ Quel état ? demanda-t-il tout haut, tandis que le pédiatre s'asseyait. Isabelle a un problème ?
_ Apparemment, elle n'a aucun problème physique, répondit-il avec un regard sombre. Nous lui avons fait passer une série de tests, et je viens de l'examiner de nouveau. Tout va bien, semble-t-il. Mais elle ne prend pas de poids comme elle le devrait et elle présente un retard de développement pour son âge. Elle a près de six moi ; pourtant, elle a l'aspect et le comportement d'un bébé de deux mois de moins.

..... Ô bon sang !

_ Alors, quel est son problème ?
_ Elle souffre d'un retard de croissance. Compte tenu de son histoire et dans la mesure où elle semble ne pas aimer le contact humain, je crains qu'il ne soit causé par des troubles de l'attachement.
_ C'est-à-dire ? demanda Tom en se raidissant.
_ Eh bien, expliqua le médecin en croisant ses longs doigts, un bébé a besoin de former un lien étroit avec la personne qui s'occupe le plus de lui. En l'absence de ce lien, l'enfant peut présenter toutes sortes de problèmes mentaux et comportementaux.

..... Ca avait l'air plutôt grave.

_ En général, on ne diagnostique les troubles de l'attachement que quand l'enfant approche de l'adolescence ; alors, le mal est fait. Le meilleur moyen d'action est identifier assez tôt les enfants à risque afin de prévenir l'apparition de problèmes permanents.

..... Il feuilleta le dossier médical avant de poursuivre.

_ D'après ce que nous pouvons établir, neuf personnes différents se sont occupées du bébé –onze si on compte les mères des deux familles d'accueil – durant les six premiers moi de sa vie. Elle n'a eu le temps de former un lien affectif avec aucune.
_ Vous avez dit que nous pouvions éviter des problèmes ultérieurs, dit Tom en se penchant en avant. Comment faut-il s'y prendre ?
_ Vous devez apporter de la stabilité à Isabelle, expliqua le pédiatre en relevant ses lunettes sur son front et en se frottant le nez. Il lui faut quelqu'un qui soit avec elle pour longtemps. Quelqu'un d'extrêmement patient et bienveillant, qui s'accrochera malgré ses colères, ses rebuffades, ses rejets.
_ Elle m'a, moi.
_ Eh bien elle a beaucoup de chance, répondit le médecin en souriant.
_ Alors, que faut-il que je fasse ?
_ Pour commencer, vous aller devoir aménager votre emploi de temps pour être avec elle en permanence.
_ En permanence, cela veut dire vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept ? demanda-Tom, inquiet.
_ Exactement.
_Pendant combien de temps ?
_ Au moins six mois. Dans l'idéal, deux ans.

..... Tom sentit son estomac se nouer.

_ Je ne peux pas faire cela. Mon entreprise coulerait si je m'arrêtais six mois. Et mes clients actuels me traîneraient devant les tribunaux.
_ Il n'est pas indispensable que ce soit vous. Il faut seulement quelqu'un qui s'engage à rester auprès d'elle dans l'immédiat. Le pire, poursuivit-il, ce serait qu'elle s'attache à quelqu'un et qu'elle soit de nouveau abandonnée.
_ J'ai engagé un nounou.

..... En réalité, c'était Lanie qui s'en était chargée ; il ne l'avait même pas encore rencontrée. Son assistante s'était aussi occupée de faire déménager toutes les affaires du bébé chez lui, où l'une des chambres d'amis avait été transformée en nursery.

_ Elle pourra s'attacher à la fois à sa nounou et à moi ? demanda-t-il.
_ Oui, bien sur. La plupart des enfants s'attachent à deux personnes, ou plus. Mais ils commencent par s'attacher à une personne en particulier –en général, leur mère. La sécurité que leur apporte cette première relation est ce qui leur permet de faire confiance aux autres, ensuite. Et c'est ce qui a manqué à Isabelle. Votre nounou devra être prête à s'engager à long terme.
_ De six moi à deux ans, précisa Tom en hochant la tête.
_ Oh, non ! Cela, c'est le temps nécessaire pour créer un lien fort. Idéalement, la personne qui s'occupera d'Isabelle au début devrait rester dans sa vie indéfiniment. Ou au moins jusqu'à ce qu'elle soit en âge d'aller à l'école.
_ Nom d'un chien, marmonna Tom.

..... Où allait-il trouver une nounou qui accepte ces conditions ?

_ N'y a-t-il pas quelqu'un dans votre famille qui puisse vous aider ? suggéra Mme Tücker. Votre mère, peut-être ?

..... Il secoua la tête.

_ Elle est en Hollande.
_ Votre père ?

..... Quelle bonne blague !

_ Non, dit-il simplement.

_ Une tante ? Une s½ur ? Ou bien un cousine ?

..... Il secoua la tête.

_ J'ai peu de famille.
_ Alors, il faut que vous vous trouviez quelqu'un qui soit décidé à rester car, la dernière chose dont la petite a besoin, c'est de voir encore des gens entrer dans sa vie pour disparaître au bout d'une semaine ou deux, déclara le médecin en posant les deux mains à plat sur la table, comme s'il s'apprêtait à se lever. Avez-vous des questions ?

..... Il en avait trop pour savoir par où commencer. Il ne connaissait rien aux bébés normaux, alors aux bébés à problèmes...

_ Y a-t-il des instructions particulières ? demanda-t-il.
_ Essayez de lui donner un biberon le plus souvent possible. Elle a besoin de prendre du poids. Et il faut qu'elle soit suivie par un pédiatre, chez vous. Si elle ne grossit pas rapidement, elle devra être hospitalisée et nourrie pas sonde.
_ Que dois-je lui donner à manger ?
_ Du lait en poudre mélangé à un supplément.
_ Nous avons tout écrit, intervint Mme Tücker en lui tendant une feuille dactylographiée. Tenez.

..... Le médecin sortit des documents d'une chemise et les lui tendit également.

_ Et voici le dossier médical d'Isabelle, dit-il. Il faudra la faire vacciner dans deux semaines, mais vous devrez l'emmener voir un pédiatre avant –si possible d'ici un jour ou deux. Son poids doit être surveillé de très près.
_ D'a ... d'accord, fit Tom en pliant les papiers, qu'il fourra dans la poche de sa veste.
_ J'ai été heureux de vous rencontrer, déclara-t-il. Bonne chance.

..... Sur ce, il lui serra la main et sortit de la pièce.
..... Mme Tücker sourit, comme si la nécessité de trouver une nounou prête à s'engager pour cinq ans et la perspective de sondes alimentaires étaient une partie de plaisir.

_ Eh bien, je vais aller chercher la petite Isabelle. Je suis sûre que vous avez hâte de faire connaissance de votre fille.

..... Une nervosité inhabituelle s'empara de Tom lorsqu'il se retrouva seul dans le bureau. Bientôt, les cris se firent de plus en plus forts, et Mme Tücker revint, en portant ce qui lui sembla être une robe rose hurlante.
..... Un bébé se dissimulait bien parmi les volants, mais Tom mit un moment à le découvrir, car son visage était du même ton que le tissu. Il regarda sa fille. Elle avait une mèche de cheveux blond pâle, des joues rouges et des amygdales rose vif qu'elle exhibait.

_ Isabelle, voici ton papa, annonça Mme Tücker.

..... Tom tendit les bras en un geste hésitant, et elle lui donna le bébé. Isabelle se raidit, battit de ses petites jambes maigrichonnes contre son torse et hurla de plus belle.
..... Elle était si petite, si fine ! Elle n'avait de rond que les joues qui, avec sa petite mèche, lui donnaient l'air d'une poupée troll.

_ Salut, ma puce, dit-il doucement.

..... Le bébé cria encore plus fort.
..... Que diable était-il censé faire, maintenant ? Il adressa un regard interrogateur à Mme Tücker, mais elle se contentait de sourire d'un air radieux, comme si tout allait pour le mieux.
Elle lui tendit un sac à langer rose à volants.

_ Elle vient d'être nourrie et changée, déclara-t-elle. Tout est prêt, vous pouvez y aller. Vous avez un siège auto dans votre voiture ?

..... Tom hocha la tête. L'équipement était un point qu'il maîtrisait. Il savait qu'on ne pouvait pratiquer un sport ou entreprendre un travail sans un matériel adapté. Il s'était donc procuré tout le matériel nécessaire pour élever un bébé. Hélas, il n'avait pas la moindre idée de la façon dont il fallait s'en servir. C'était un employé de l'agence de location de voitures qui l'avait aidé à installer le siège.
..... Bon sang ! Isabelle criait si fort qu'il n'arrivait plus ç réfléchir.

_ Très bien, fit Mme Tücker. On dirait que vous êtes prêt.

..... Prêt ? Elle n'allait quand même pas lui laisser le bébé sans plus de préparation ni d'instructions, si ? De nouveau, il regarda l'assistante sociale d'un air interrogateur.

_ Vous voulez dire que ... nous avons fini ? s'inquiéta-t-il.

..... Elle confirma d'un signe de tête.

_ Elle est à vous. Nous n'avons rien à faire de plus, puisque vous êtes son père naturel.

..... Il était son père biologique, corrigea-t-il intérieurement. Il n'y avait rien de naturel dans sa relation avec Isabelle, et il ne savait absolument pas quoi faire. Ces gens lui semblaient quelque peu irresponsables de lui donner un bébé sans plus de précautions. Surtout un bébé qui hurlait comme Isabelle.
..... Il la souleva sur son épaule et tapota maladroitement son petit dos osseux. Elle se crispa, éloigna la tête comme si elle voulait que son corps touche le sien le moins possible et augmenta encore le volume de ses cris.

_Bonne chance, dit Mme Tücker.

..... De la chance, il allait en avoir bien besoin, songea-t-il en sortant dans le couloir, le bébé hurlant contre lui, le sac à langer accroché à son bras. Oui, vu la façon dont commençait son expérience de la paternité, il allait lui en falloir beaucoup rien que pour rentrer à Berlin.




Voilà, deux chapitre pour vous souhaiter, un Joyeux Noël, à toutes et à tous ! =)
Je vous préviens aussi que, dans le prochain chapitre, Sandy débarque ! =]
Anaïs.

# Posté le lundi 24 décembre 2007 16:40

Modifié le samedi 31 mai 2008 11:35